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LES MALGACHES VICTIMES D’EXPROPRIATIONS ABUSIVES : Dénonciation du CETIM auprès de l’ONU

LES MALGACHES VICTIMES D’EXPROPRIATIONS ABUSIVES : Dénonciation du CETIM auprès de l’ONU

Après sa dénonciation auprès des Nations Unies des violations des droits humains dont ont été victimes les habitants d’Antsakabary, le Centre de recherches et de publications sur les relations entre le tiers-monde et l’Europe (CETIM) a également révélé, la semaine dernière, les expropriations abusives dont sont victimes les propriétaires du foncier rural malgache.

Des expropriations réalisées au profit des multinationales minières et des trafiquants de bois précieux, selon les précisions. Ainsi, dans un compte-rendu adressé au rapporteur spécial des Nations unies sur l’environnement et les droits de l’homme, le CETIM dénonce que « de nombreux paysans sont déplacés ou expulsés de leurs terres au mépris de la loi foncière qui reconnaît les droits coutumiers. Du nord au sud de Madagascar, les compagnies minières et de l’agro-industrie obtiennent des permis d’exploitation au détriment de la biodiversité ».

Depuis le temps que les Malgaches dénoncent les spoliations de leurs terres dont ils sont victimes, voilà que cette pratique est révélée auprès des instances internationales.

Des étrangers sur leurs terres

A titre d’illustration, il y a eu la révolte des paysans de Soamahamanina, l’année dernière. Cette révolte, qui a entrainé des affrontements entre les habitants de cette localité et les forces de l’ordre, a occasionné l’incarcération de prétendus meneurs de ce mouvement ainsi que leur condamnation. Ce mouvement est en suspens actuellement car les exploitants chinois n’ont pas quitté définitivement les lieux et pourraient même reprendre leurs activités sous la protection des dirigeants.

L’exploitation de terres rares, à Ampasindava, dans la région de Diana, pénalise également les habitants du cru. Mais éloignée de la capitale qu’elle est, cette spoliation se passe presque en silence malgré les dénonciations des associations telles que le Collectif Tany ou la CRAAD –OI (centre de recherches et d’appui pour les alternatives de développement – Océan Indien).

La population craint ainsi qu’à terme, les Malgaches deviennent des étrangers sur leurs propres terres puisque les dirigeants toujours en quête de « financements » sont en train d’octroyer de nombreuses concessions à des étrangers.

Ampasindava cédé pour 40 ans à la TREM

Le projet d’exploitation de terres rares est situé sur la péninsule d’Ampasindava, dans les régions de Diana et Sofia, au nord-ouest du pays.La société Tantalum Rare Earth Malagasy (TREM) dispose d’une concession de 300 km2 attribuée par l’Etat malgache. Suite à la délivrance d’un permis de recherche en 2003, TREM s’est vu gratifié d’un permis environnemental pour la recherche dès les débuts du régime de la Transition, le 11 novembre 2009. Un permis d’exploitation obtenu en 2012 a fait l’objet de contestation auprès du Conseil des Nations Unies aux Droits de l’Homme, car il a été délivré par le régime de la Transition, qui n’avait pas le droit de prendre des engagements à long terme pour le pays. Le permis d’exploration a été renouvelé en janvier 2015 pour 3 ans. La technologie qui semble être la plus indiquée pour cette exploitation est la lixiviation sur site. Etant donné la concentration moyenne de terres rares dans cette zone qui est seulement de 0,08%, pour obtenir 1 tonne de terres rares, il faut environ 100 000 t de terres argileuses. Or la société Tantalus annonce une « production de 10 000 t par an » pendant 40 à 50 ans. Un calcul rapide nous amène à une quantité astronomique de terre argileuse qui devra être remuée et traitée : 1 milliard de tonnes. Par conséquent, tout le couvert végétal actuel – comprenant la flore naturelle endémique à la région incluant des forêts, les rizières, les plantations de cultures de rente et d’autres produits agricoles, ainsi que les espaces nécessaires aux moyens de subsistance des communautés riveraines – sera gravement affecté et risque en fait de disparaître totalement. Il en est de même de la faune, des habitations et des infrastructures existantes.

Le CETIM

Le CETIM est une association à but non lucratif et reconnue d’utilité publique. Avec plus de 150 publications à son actif, le CETIM est une maison d’édition qui traite des relations Nord-Sud et des questions de développement avec un point de vue critique, sérieux et original n’ayant pas toujours la faveur des médias. Ces ouvrages visent à fournir au grand public des outils pour comprendre le monde et des pistes pour le transformer. Grâce à son statut consultatif auprès de l’ECOSOC (Le Conseil économique et social à l’ONU), le CETIM soutient des mouvements sociaux du Sud pour accéder aux mécanismes de protection des droits humains de l’ONU et participer à l’élaboration de nouvelles normes internationales en la matière. Il réalise également auprès de ses partenaires et du public en général un travail d’information et de formation sur les droits humains.

 

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