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Réconciliation nationale : des concepteurs du texte réticents

Les membres du Conseil du Fampihavanana malagasy (CFM) seront désignés par un comité de sélection national qui est à son tour, nommé par le président de la République en conseil des ministres. Sous cet angle, certains manifestent déjà de la réticence quant à la suite même du processus de la réconciliation nationale.

Le projet de décret fixant la composition, le fonctionnement et les attributions du comité de sélection national des membres du Conseil du fampihavanana malagasy (CFM) a été adopté en Conseil des ministres le 9 mars dernier. D’après les informations, il appartient au président de la République de désigner les membres dudit comité en conseil des ministres. Et sous cette optique, les membres du comité d’élaboration du texte sur la réconciliation nationale n’ont pas caché leur doute.

« Comme c’est le chef de l’Etat qui désigne les membres de ce comité, il y a des doutes que le processus aille dans un sens objectif », a indiqué un des membres du comité d’élaboration du texte. Il explique que normalement, ce sont les membres de la société civile qui devraient désigner les membres composant la nouvelle structure, car étant en connaissance de cause.

« Malheureusement, cette tâche revient au chef de l’Etat et il sera difficile de penser que les nouveaux membres de la nouvelle structure pour la réconciliation nationale soient impartiaux, notamment dans le sens où les décisions seront prises en fonction de la volonté du chef de l’Etat ». « Si une personne demande l’amnistie, cela pourrait dépendre de l’aval du président de la République » a-t-il souligné. Mais jusqu’ici, aucune précision sur la composition des membres n’a été apportée.

A rappeler que la nouvelle structure pour la réconciliation sera composée de 33 membres dont 11 seront également désignés par le chef de l’Etat.

Un texte changeant

D’autre part, des membres du comité d’élaboration du texte affichent également leur réticence par rapport au nouveau texte en question, adopté par les parlementaires le mois de décembre dernier avec quelques amendements. Pour les concepteurs du texte, de grands changements ont été effectués et certains favorisent le pouvoir. Bien que la loi

soit passée sans difficulté au Sénat, elle a créé de grands débats au sein de l’Assemblée nationale. On pourrait citer à titre d’exemple la composition des membres ou encore les modalités d’obtention des indemnisations et les conditions d’amnistie.

En tout cas, ce texte n’a pas obtenu l’aval du Tim et du Mapar pour la simple raison qu’il semble écarter leur leader respectif du processus de réconciliation. Et étant donné que la période de mise en œuvre de la réconciliation va de 2009 à la fin de la Transition, les deux parties estiment que le nouveau texte empêchera Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina de participer aux élections de 2018.

Tahina Navalona

 




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