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Madagascar il y a 100 ans : la mobilisation à Madagascar (2)

(Suite.)

Cette proportion ne saurait être accentuée. Il ne faut pas oublier que dans le total de

la population française, sont compris plusieurs milliers de créoles de la Réunion qui, affaiblis par le climat tropical et en proie aux nombreuses maladies des pays chauds et, d’autre part, non précédemment préparés au Service Militaire, ne présentent pas la même résistance que leurs compatriotes de la Métropole et ont fourni une très forte proportion de réformés, ce sont donc les Européens chez lesquels se recrutent en majeure partie les techniciens et les spécialistes qui ont supporté le poids le plus lourd de la mobilisation.

Il y a, d’autre part, nécessité absolue, non seulement de maintenir, mais aussi d’intensifier la vie économique du pays, et cela tant dans un but de sécurité intérieure que dans l’intérêt supérieur de la Défense Nationale. Les quelques Français non mobilisés de la Grande Île doivent être considérés comme les agents de pénétration et de maintien de l’œuvre française dans une population de plus de trois millions d’indigènes disséminés sur un territoire de 600 000 kilomètres carrés. Ils constituent les cadres de la main-d’œuvre indigène, masse encore inexpérimentée et dépourvue de toute initiative. Leur mobilisation générale entraînerait une désorganisation complète de la plupart des entreprises, vu l’impossibilité actuelle de les remplacer dans les postes comportant des connaissances techniques ou une expérience spéciale. La récupération de quelques centaines d’individus serait donc, pour la Colonie, la cause d’un préjudice économique et politique des plus graves, qui équivaudrait à son évacuation partielle.

En conséquence, il a paru au Comité qu’accroître encore cette forte proportion de mobilisés constituerait un danger pour notre influence et entraînerait un arrêt de la vie économique de la Grande Île. C’est la raison qui a incité les colons qui le composent à faire une démarche auprès du Chef de la Colonie pour lui exposer la situation qui précède.

(À suivre.)

Le Tamatave

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