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EDITO : Des sanctions, juste pour la forme !

Les conclusions des investigations menées par la Commission Nationale Indépendante pour les Droits de l’Homme (CNIDH) sur l’affaire d’Antsakabary devraient mettre tout le monde d’accord, notamment sur la culpabilité des policiers dans l’incendie des centaines de maisons de quelques fokontany de cette commune et surtout sur les nombreuses violations des droits humains dont ont été victimes les habitants.

Néanmoins, malgré ces conclusions d’une CNIDH qui jouit (encore) d’une réputation d’indépendance non entachée, on peut s’attendre à un autre son de cloche de la part des instances officielles. Une version différente qui amoindrirait les responsabilités de ces policiers dont les actes s’apparentent pourtant à des pratiques d’un autre temps si l’on se réfère aux nombreux témoignages recueillis par les journalistes et les investigateurs de cette commission.

Et dans la foulée, l’on s’acheminera sans doute vers la restructuration des nombreuses unités au sein de cette police nationale en démantelant les UIR (Unité d’intervention rapide) et autre FIP (Force d’intervention de la police nationale) pour caser leurs éléments dans les nouvelles unités comme ce fut le cas lors des abus constatés dans les agissements des éléments du GIR (Groupe d’intervention de la police nationale).

Quant aux 42 policiers qui ont procédé à des représailles dignes de l’époque hitlérienne auprès de la population, ils seront sans doute intégrés au sein de ces nouvelles unités, après avoir été notifiés de sanctions, juste pour la forme. Ce n’est pas pour rien que l’on a qualifié ce régime de celui des « copains et des coquins », un régime qui se caractérise par une solidarité sans faille entre gens de même acabit.

En passant, on pourrait peut-être suggérer aux responsables qu’ils gardent les sigles des unités et de seulement changer les dénominations, par souci d’économie. Ainsi, l’UIR dont apparemment les éléments peuvent agir en toute indépendance sans en référer à qui que ce soit comme cela a été le cas lorsqu’ils ont tabassé notre confrère Tsirava, elle deviendrait « l’Unité indépendante de rétorsion ». Quant à la FIP, elle deviendrait la « Force incendiaire de la police nationale ». Et tant qu’à faire, pourquoi ne pas changer l’IGPN, Inspection générale de la police nationale, par « Impunité garantie et poursuites nulles » ? Comme cela, nul besoin de peindre de nouveaux sigles, ce qui épargnera des dépenses inutiles. Avec ces nouvelles dénominations également, la population saura leurs véritables attributions.

N. Randria




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