Flash
Préc Suiv

Eau, assainissement et hygiène : des lacunes dans le mode de gouvernance

Défaillant. Le mode de gouvernance du secteur eau, assainissement et hygiène (Eah) accuse une nette lacune tant au niveau administratif que sur le plan financier. Le faible taux d’accès à ces services sociaux de base reflète la défaillance en la matière.

La déconcentration du secteur de l’Eah n’est pas effective et accuse un certain retard par rapport à d’autres départements ministériels. Seuls les chefs-lieux des 22 régions disposent d’une représentation régionale  du ministère de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène (Meah), laissant ainsi les districts et les communes à l’écart de tout processus de développement du secteur qui devrait pourtant partir de la base.

Jusqu’ici, même pas le tiers des communes à travers le pays dispose d’un service déconcentré en Eah, alors que dans le domaine de la Santé par exemple, des services déconcentrés sont présents jusqu’au niveau des communes, voire au sein des fokontany, avec la mise en place des Centres de santé de base (CSB). «Une telle lacune dans la gouvernance de ce secteur aussi crucial explique en partie la défaillance dans la gestion de ce secteur», selon le directeur-pays de WaterAid à Madagascar, Lovy Rasolofomanana, lors d’une interview.

En se référant aux dernières statistiques issues des études menées dans le cadre du Budget programme par objectif régional (BPOR), le taux d’accès à l’eau se situe actuellement à 30% dans 17 régions et le taux d’accès aux latrines améliorés, à 7,62%.

Une décentralisation budgétaire s’impose

Certes, ces statistiques ne représentent pas encore la situation au niveau national, vu que celles des cinq régions restent à savoir, mais il faut reconnaître que d’énormes gaps restent à combler pour honorer l’objectif relatif à l’accès universel à l’Eah d’ici 2030. Mis à part ce problème de gouvernance, l’insuffisance de financement alloué à ce secteur demeure un problème à résoudre. Le Pip se situe seulement  à 9 millions de dollars alors que les besoins s’élèvent à 20 fois plus.

Malgré tout, ces indicateurs sont loin d’être réjouissants, notre source reste confiants quant à la possibilité d’atteindre l’objectif 2030. Ce, à condition que toutes les ressources soient mobilisées, et que tous les jalons soient mis en place dès maintenant. A ce propos, le directeur-pays de WaterAid à Madagascar de souligner qu’il s’avère nécessaire d’instaurer un mécanisme de financement à part entière au niveau déconcentré et décentralisé, en donnant entière responsabilité aux communes et en instaurant

une décentralisation budgétaire effective.

« Fandio rano » à la rescousse

Le projet «Fandresen-dahatra iombonana hisian’ny rano ampy ny rehetra», en abrégé «Fandio rano», lancé la semaine dernière à Andrainarivo, répond à ces besoins. Cofinancé par l’Union européenne et Wateraid Madagascar, respectivement à 75% et 25%, et mis en œuvre en partenariat avec le ministère de l’Eah et le ministère de l’Intérieur et de la décentralisation (Mid), ce projet  se focalise dans la gouvernance du secteur Eah qui nécessite encore des efforts considérables.

Mené sur une période de trois ans dans sept communes dans la région Analamanga à savoir Ampanefy, Soavina, Anosizato Andrefana, Anosiala, Ambohidratrimo, Ankazobe et Manjakandriana, «Fandio rano» va assurer le renforcement des capacités des Organisations de la société civile (Osc) afin qu’elles puissent mener un plaidoyer en faveur d’une meilleure gouvernance du secteur de l’Eah, tant sur le plan technique que financier envers les autorités locales. L’objectif consiste à instaurer un espace de dialogue bien institué entre ces dernières, les Osc et la population en vue de l’élaboration d’une politique claire et adaptée aux besoins de la population.

Fahranarison




Les commentaires sont fermées.