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AMPANIHY SUD : Des gardes pénitenciers exterminent des tortues

Les faits peuvent paraître anodins mais méritent d’être soulignés. La semaine dernière, un responsable forestier en compagnie de la gendarmerie locale ont mis la main sur un réseau de trafiquants de tortues d’un autre genre. Pour cette-fois ci, les reptiles ne sont pas destinés à l’exportation illicite mais à approvisionner les gardes de la maison d’arrêt d’Ampanihy Sud. Les tortues de type «Radiata» restent aujourd’hui une espèce menacée. Les sociétés civiles et les ONG ne cessent d’alerter les autorités sur les différents cas de trafic ou d’extermination de ce spécimen. La région du sud-ouest de l’île est connue pour avoir une forte concentration de ces espèces. De plus, des groupes ethniques tuent ces reptiles pour la qualité de leur viande. Ainsi, en plus du trafic de bébés-tortues, les autorités locales sont confrontées au braconnage effectué par la population locale. Selon de sources confirmées, les gardes pénitenciers sont les principaux commanditaires. Des fonctionnaires pourtant censés respecter la loi. Durant l’opération menée par le Chef de cantonnement forestier (CCF) ainsi que des éléments de la gendarmerie, plusieurs tortues encore vivantes ont été saisies.Une famille était payée pour capturer et entreposer des tortues au profit des geôliers d’Ampanihy Sud.

Complicité des prisonniers

Par ailleurs, les enquêtes effectuées ont prouvé que les surveillants relâchent provisoirement les détenus pour massacrer des tortues dans les forêts environnantes. «Ces prisonniers obtiennent une permission spéciale de la part de leurs gardes. Ils se rendent dans la forêt pour exterminer les tortues de grandes tailles», précise le CCF Randria Z. Après l’obtention d’une autorisation spéciale, les autorités chargées de cette affaire se sont rendues au centre pénitencier d’Ampanihy. Durant cette visite, c’était la consternation. Les enquêteurs ont croisé des détenus transportant des sacs contenant des tortues. Des prisonniers chargés de remettre le butin aux gardes pénitenciers. Pendant ce contrôle inopiné, les autorités ont découvert des viandes de tortue soigneusement placées dans des cuvettes. Selon les sources, les responsables de prison organisent chaque fin de semaine une soirée arrosée. Les viandes serviraient d’apéritif pour accompagner la beuverie. Face à la situation, on s’interroge sur la part de responsabilité de chacun. Comment des gardiens de prison peuvent-ils se livrer à un tel massacre? Alors que des sociétés civiles telles que l’AVG ou des ONG se démènent pour lutter contre le trafic d’espèces endémiques à Madagascar. Le seul fait de libérer en cachette des détenus constitue déjà une infraction en lui-même. On attend ainsi la réaction des responsables concernés dans cette affaire.

La Rédaction

 

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