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AIDE REUNIONNAISE AUX SINISTRES D’ENAWO : C’est exactement l’hôpital qui se moque de la charité

Les pompiers réunionnais prêts à se rendre à Madagascar.

A l’origine de la difficulté d’acheminement de l’aide matérielle de 4 tonnes du gouvernement français et du déplacement de 70 pompiers réunionnais à Madagascar pour venir en aide aux sinistrés d’Enawo, il y a, selon les explications du journal réunionnais « le Quotidien » , un incident diplomatique avec la France. Quoi qu’il en soit, il y a une grande méfiance envers les dirigeants malgaches notamment dans le cadre de la gestion des aides aux sinistrés.

Cela fait exactement treize jours aujourd’hui que 70 pompiers réunionnais attendent le feu vert pour se rendre à Madagascar et apporter des aides aux sinistrés avec notamment un matériel de 4 tonnes. Selon les informations publiées par les journaux réunionnais samedi dernier, ils n’ont jamais quitté l’île de la Réunion malgré leur détermination à venir en aide aux victimes du passage d’Enawo dans la Grande île. « Le Quotidien » de la Réunion parle même d’un « faux départ » pour Madagascar.

Il s’agit selon l’article de ce journal réunionnais publié samedi d’un « incident diplomatique » avec la France. L’Etat malgache qui a décrété « une situation de sinistre national » mercredi dernier à l’issue d’un conseil de gouvernement n’aurait pas demandé une aide internationale, mais une aide humanitaire. Voilà pourquoi il est impossible pour les pompiers réunionnais qui ont reçu l’ordre du ministère de l’Intérieur français d’envoyer une mission dans la Grande île de se rendre dans le pays jusqu’ici, bien que les Réunionnais soient les premiers à vouloir venir en aide aux sinistrés malgaches.

Une toute autre raison est pourtant évoquée dans le pays pour expliquer ce « faux départ » des secouristes de ce département d’Outre-mer 974. Des versions officieuses rapportées notamment par les journaux locaux expliquent que le gouvernement malgache exige que les pompiers réunionnais débarquent à l’aéroport international d’Ivato et remettent les matériels aux services malgaches en charge de la distribution des aides et des sinistrés, à savoir le Bureau national de gestion des risques et catastrophes (BNGRC). Et non, les remettre directement aux sinistrés et/ou aux zones les plus touchées par le passage des intempéries.

Dans le cas de cette aide du gouvernement français par le biais des pompiers de l’île de la Réunion, ce sont donc les dirigeants malgaches qui font obstacle à leur acheminement et distribution dans le pays. Pourtant, la réalité, la situation dans laquelle se trouve le pays, plus de 80 morts et plusieurs centaines de sinistrés et plus d’une cinquantaine de districts sur 115 touchés après le passage du système météorologique dévastateur, veut que personne, ni les gouvernants, ni les gouvernés ne soient pas en mesure de refuser de l’aide, quelle que soit sa forme ou son appellation. Cela ferait de Madagascar, l’hôpital qui se moque de la charité.

Grande méfiance généralisée

Le manque de transparence et le très mauvais style de communication des dirigeants malgaches actuels qui préfèrent se murer dans leur silence ainsi que leur réaction tardive à donner la version officielle des faits bien que la polémique sur cette affaire commence à enfler, car la presse nationale et internationale ne manquera pas à l’éplucher, laissent perplexes plus d’un. En tout cas, ce silence déjà suspicieux depuis la communication des bilans corporels et matériels du passage d’Enawo par le BNGRC, devient de plus en plus douteux. Et la réaction tardive du gouvernement à déclarer la situation de sinistre national ne fait que susciter davantage la méfiance.

Désormais, une très grande méfiance généralisée envers les dirigeants malgaches quant notamment à la distribution des aides aux sinistrés, règne partout. A la Réunion, ce sont les Malgaches expatriés eux–mêmes et les étrangers ayant déjà découvert l’attitude véreuse des responsables auprès du régime actuel qui ont alerté l’opinion. Pour eux, la méfiance est mère de sureté et qu’il faudra surveiller de près les responsables malgaches dans la gestion des aides et/ou de les acheminer directement auprès des principaux sinistrés. Une fois de plus, ce problème avec l’acheminement de ces aides et de ce déplacement des pompiers réunionnais semble confirmer tout ce qui a été dit à propos des éhontés dirigeants malgaches.

Après le passage d’Enawo, les victimes des intempéries de Maroantsetra se sont par exemple plaintes de ne pas avoir reçu les aides nécessaires lors du passage des dirigeants malgaches dans cette localité. Des observateurs de la vie sociale et politique du pays ont déjà tiré la sonnette d’alarme sur la récupération politique faite par les dirigeants à travers la distribution de ces vivres, parce qu’ils en profitent pour faire leur marketing politique. Mais le plus flagrant dans tous les cas est que les membres du parti présidentiel, Hery Vaovao ho an’i Madagasikara (HVM) se targuent d’avoir tout fait pour aider les sinistrés et offrent les dons faits par les partenaires, associations et personnes de bonne volonté, au nom du parti ou des dirigeants.

Malheureusement, cette méfiance envers les dirigeants malgaches ne date pas d’hier. La plupart d’entre eux sont d’ailleurs connus ou déjà impliqués dans des affaires louches de corruption ou de détournement des biens publics. Il est alors difficile pour les partenaires de leur accorder la moindre occasion de perpétrer des actes indignes, notamment envers les plus démunis, auxquels ces responsables malgaches n’auront pas froid aux yeux pour les réaliser. Le système des Nations Unies semble l’avoir déjà compris parce qu’il ne s’est pas contenté des bilans fournis par le BNGRC, donc l’Etat malgache, et a pris la décision de se rendre en premier auprès des sinistrés, victimes d’Enawo dans les zones les plus touchées du Nord-est de Madagascar.

La Rédaction

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