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Philippe Leclerc : le bienfaiteur de Madagascar

Philippe Leclerc : le bienfaiteur de Madagascar

Derrière certains grands dossiers qui font régulièrement la une des actualités au pays depuis maintenant quelques années, un nom revient sans cesse. Celui de Philippe Leclerc à qui l’on doit quelques idées lumineuses qui ont chaque fois valu une véritable levée de boucliers du secteur privé tout entier. Extraits choisis…

Le personnage

Si Philippe Leclerc s’est fait connaître comme étant le président de la société d’ingénierie financière Orizon Finance, une société mise en liquidation judiciaire en octobre 2012 (d’où sans doute le fait qu’il ait jeté son dévolu professionnel sur Madagascar), il serait derrière le plagiat de certains passages d’une allocution de Nicolas Sarkozy dans le discours que Hery Rajaonarimampianina avait prononcé lors de son investiture le 25 janvier 2014. Et ce n’est pas passé inaperçu.

«L’artiste du copié-collé était un avocat qui faisait partie des trois Français proches de Robert Bourgi et de la Françafrique (Patrick Leloup, Philippe Leclerc, Ann-Philippe de la Giraudière), et qui avaient accompagné Rajoelina chez Kadhafi en mai 2009», relate d’ailleurs Tribune.com le 29 janvier 2014 dans sont article intitulé «Entourage : le verre à moitié vide du Président Rajaonarimampianina».

Le projet de Passerelle unique internationale

L’homme en question serait également l’un des initiateurs, en avril 2010, du projet «Exclusive International Gateway» (IEG) ou Passerelle internationale unique.

«Le Français Philippe Leclerc, (…) a été quant à lui un des initiateurs en avril d’un projet de contrat pour un «Exclusive International Gateway» (IEG) entre le gouvernement malgache et les sociétés Vocalpad et iBasis, représentées par Hassan Ghandour et associées à la firme néerlandaise KPN. L’idée est d’optimiser les «systèmes de contrôle du trafic international des télécommunications au départ et à l’arrivédans le pays. Parallèlement, il s’agit aussi d’accroître les revenus de l’Etat via une plateforme IEG qui serait mise en place et gérée par les sociétés de Ghandour, lesquelles se rémunéreraient par «l’augmentation de la tarification des appels entrants émis par les opérateurs internationaux ou étrangers»», rapporte La Lettre de l’Océan Indien (n°1290 du 24 juillet 2010).

Concrètement, cette «passerelle internationale unique» devait donc imposer aux opérateurs en téléphonie mobile locaux de faire transiter les communications internationales par une société privée. D’emblée et d’une seule voix, Telma, Orange et Airtel qui devaient parallèlement payer une redevance, ont vivement contesté la mise en place de ce projet qui, ont-ils fait remarquer, «est strictement contraire aux principes résultant des conventions internationales sur la télécommunication et notamment de la convention de Melbourne de 1998 portant règlement des télécommunications signées par l’Etat Malgache». Par ailleurs, outre l’augmentation des coûts de communication à l’étranger plus, ce contrôle de la communication par une société privée risque de porter atteinte à la sûreté et sécurité nationales jusqu’à la violation du droit à l’intimité de chacun.

Le tollé que le projet a soulevé a été tel que l’Etat a dû définitivement renoncer à sa mise en œuvre.

Et l’ACD…

Dernièrement, la question de l’Advance cargo declaration (ACD) qui avait suscité la grogne du côté du secteur privé revient une fois de plus sur le tapis. Et le nom de Philippe Leclerc est une fois de plus cité comme faisant partie des initiateurs.

Déjà décrié l’année dernière par l’ensemble du secteur privé et désavoué par l’ambassade des Etats-Unis à Madagascar, dans la mesure où ce système qu’opérerait le groupe ATPMS ne correspondrait en rien aux exigences ISPS ni consignes de sécurité et de sûreté maritime posées par l’US Coast Guard, l’ACD est une fois de plus au centre des débats cette année et est tout autant critiquée. Ses instigateurs ont même tenté de faire le forcing sous prétexte que les ports internationaux de la Grande île risquent de se retrouver sur la liste noire de l’US Coast Guard et que, pour éviter une telle situation, il fallait mettre ces infrastructures portuaires aux normes, moyennant redevances à collecter auprès des opérateurs importateurs/exportateurs. En 2016, la question avait déjà été mise entre parenthèses, à la faveur d’un accord entre l’Etat et le secteur privé qui avaient convenu de «travailler de concert pour la mise en place d’un système de sécurisation des ports de Madagascar dont la mise en œuvre sera nationale et confiée à l’APMF».

Mais c’était visiblement sans compter sur l’empressement douteux et la démarche unilatérale des initiateurs du projet.   On se demande d’ailleurs qui donne des ordres aux fonctionnaires du ministère. Et, tout comme l’année dernière, les contestations fusent de la part des acteurs concernés, opérateurs privés, compagnies maritimes, experts maritimes, marins commandants… Mais surtout l’ambassade américaine à Madagascar qui, très à cheval sur les questions de bonne gouvernance, est également en première ligne contre une éventuelle relance de l’ACD. Par contre, silence radio du côté de l’ambassade de France à Madagascar. Et d’ailleurs, beaucoup se posent la question de savoir si Philippe Leclerc est-il ou non un élément «officiel» de la France au sein de la présidence malgache, sinon comment expliquer ce silence ?

En tout cas, il faut savoir qu’au sein de la société d’ingénierie financière Orizon Finance de Philippe Leclerc, travaillait également Sophie Deniau, la belle-fille de l’ancien ministre français de la justice, Jacques Toubon. C’est dire donc les accointances du concerné avec le milieu politique français.

Philippe Leclerc, le « grand communicateur »

Cela fait maintenant plusieurs mois que l’APMF mène une véritable campagne de communication – et y met les moyens – pour sensibiliser subrepticement l’opinion à la mise en œuvre de l’ACD. Et ce, sous couvert de mettre les ports internationaux de Madagascar aux normes ISPS. En abordant des sujets d’ordre général et portant vaguement sur les thèmes de la sécurité et de la sûreté maritime sur les radios, télévisions et journaux de la capitale, la principale finalité de cette communication était pourtant bel et bien l’opérationnalisation de l’ACD qui se préparait donc depuis un certain temps.

On susurre que Philippe Leclerc ferait partie des organisateurs de cette campagne rondement menée, en collaboration avec une officine de communication à l’extérieur et probablement avec l’ATPMS de Jean Codo qui, effectivement, avait officiellement publié sur son site le 14 février dernier que la mise en œuvre de l’ACD commencerait à la date du 15 février 2017. Une campagne si rondement et discrètement menée jusqu’à ce que, malheureusement pour les initiateurs, tout le monde s’est rendu compte que son but final, en l’occurrence justifier la nécessité du système ACD, soit découvert…

Haja R.

 

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