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Condamnation de Lylison : le Mapar dénonce un harcèlement politique

Le groupement politique auquel appartient le sénateur Lylison René de Roland a réagi hier sur sa condamnation. Pour le Mapar, il s’agit d’un harcèlement politique envers les opposants.

De la chasse aux opposants. C’est le qualificatif donné par le parti «Miaraka amin’i Prezidà Andry Rajoelina (Mapar)», à propos de la condamnation par la justice du sénateur Lylison le 14 février dernier. Réagissant à cette affaire, lors d’une rencontre avec la presse à Ambodivona hier, la formation de l’ancien Président de la Transition a réclamé entre autres l’arrêt immédiat du jugement rendu «par défaut» à l’encontre de l’élu de Mahajanga.

«Nous réclamons aussi l’arrêt des harcèlements et la chasse à ceux qui sont en désaccord politique avec le régime», a déclaré le sénateur Paul Bert, après lecture du communiqué y afférent. Le parti ajoute par ailleurs que le pouvoir devrait prioriser la recherche de solutions idoines aux difficultés quotidiennes vécues par les Malgaches.

En l’absence du concerné, le Tribunal de première instance d’Antananarivo a condamné le sénateur Lylison à un an de prison ferme à l’issue d’un procès «secret» tenu le 7 février dernier. Une décision qui, aux yeux des observateurs avertis, semble plus politique que juridique. «C’est la preuve du non-respect de loi et l’existence d’une dictature», a indiqué le Mapar. A travers cette réaction, la défense du sénateur n’entend probablement pas interjeter appel du jugement de la justice.

Risque de tension

Sous le coup d’un mandat d’arrêt, depuis l’appel à la tenue d’une ville morte qu’il a lancé le 23 mai 2016 dernier, le sénateur Lylison demeure jusqu’ici introuvable. Ce qui ne l’empêche pas de s’exprimer de temps en temps à travers les réseaux sociaux. L’élu de Mahajanga est incriminé, entre autres, de trouble à l’ordre public et atteinte à la sûreté de l’Etat. C’est d’ailleurs sur ces mêmes chefs d’inculpation que le verdict a été rendu le 14 février dernier. Selon Christine Razanamahasoa, ancienne ministre de la Justice durant la Transition et figure du Mapar, «Le fait d’avoir lancé une opération ville morte ne conduit nullement à une atteinte à la sureté de l’Etat».

Le verdict remet par ailleurs sur le tapis le bras de fer permanent entre le régime et le parti Mapar depuis le début de la quatrième République. Au moment où la tension sociale semble être à son paroxysme, cela risque d’aggraver encore plus le malaise existant entre le régime et ses administrés. «Cette affaire n’apportera nullement l’apaisement dans le pays qui se trouve aujourd’hui dans une situation inextricable. Au contraire, cela risque de faire monter d’un cran la tension socioéconomique et politique», a indiqué cette formation politique.

Rakoto

 

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