Flash
Préc Suiv
Logo Free News

CARRIERE D’ANKARAOKA : Des éléments de la FIP prêtent main forte au fils du Président

Le feuilleton concernant l’affaire de la carrière d’Ankaraoka à Anjozorobe est loin de se terminer. Le fils du Président Matthieu Rakotoarimanana Rajaonarimampianina continue son forcing pour mettre la main sur ce périmètre minier qui a déjà causé la mort d’un officier de la gendarmerie. Cette fois-ci, le fils du Président a fait appel à la Police Nationale pour se rendre une nouvelle fois sur le site. Selon nos sources, des responsables au sein de la Police auraient donné hier l’autorisation à Matthieu et consorts d’accéder à l’intérieur de la carrière à Anjozorobe. Une décision qui s’oppose à la décision de la justice.

D’après les informations recueillies, le fils du Chef de l’Etat poursuit son acharnement sur la carrière de cristal à Ankaraoka (Anjozorobe). Muni de l’ordonnance du 8 février, Matthieu Rakotoarimanana Rajaonarimampianina s’est introduit dans le périmètre minier sous bonne garde policière. Des éléments de la Force d’Intervention de la Police (FIP) ont été mobilisés pour intimider les personnes encore présentes dans la carrière. Il est pourtant bien spécifié dans le verdict que «Le tribunal de première instance n’a ni le pouvoir de réintroduire Alphonse Andrianarimiadana et consorts ni le droit d’expulser Jean Yrmand à l’intérieur de ladite carrière. Toutefois, l’arrêt de toute exploitation minière par Jean Yrmand a été ordonné». A noter que dans cette affaire, Alphonse Andrianarimiadana travaille depuis pour le compte du fils du Président de la République. De ce fait, aucune phrase inscrite dans la décision de justice ne précise l’expulsion ni la permission d’Alphonse Andrianarimiadana de revenir sur les lieux. L’on s’interroge ainsi pourquoi des responsables au sein de la Police Nationale ont décidé de prêter main forte à Matthieu et sa bande? A croire que ces décideurs au niveau de la Police ne savent pas interpréter le contenu de l’ordonnance émise sur cette affaire.

Par ailleurs, un appel avec défense a été déposé au premier président de la cour d’appel concernant la décision d’arrêt de l’exploitation portant le numéro 148/17 datée du 9 février dernier. Par conséquent, l’ordonnance datée du 8 février ne peut être appliquée. Ce qui n’a pas empêché le huissier de justice dénommé Rémi Ramamonjisoa de se rendre sur place. Cet huissier est censé savoir qu’aucune ordonnance ne peut être exécutée si la partie adverse a fait appel. En outre, on ignore jusqu’ici avec quel document Rémi Ramamonjisoa a présenté pour convaincre la Police Nationale. Cependant, une fois arrivé sur place, cet huissier a préféré se tenir à l’écart et n’a fait aucune notification à l’endroit des exploitants. Quant aux unités de la FIP, elles se sont juste contentées de raccompagner le fils du Président jusqu’au site minier d’Ankaraoka. Les éléments de la FIP sont aussitôt repartis. Selon les dernières nouvelles, des bandits ou Dahalo armés prennent actuellement le relais de la FIP et un des exploitants a été kidnappé.

Manœuvres d’intimidation

Devant ce forcing et ces violences, il est clair que Matthieu a usé une fois de plus de son nom pour obtenir le soutien de la Police Nationale. Autrement, on verra mal les responsables dire qu’ils se sont fait berner et manipuler à leur insu par le fils du Président. Aussi, des sources confirment que tous les décideurs au sein de la Police Nationale ont été avisés sur l’existence de l’ordonnance et de l’appel déposé par la défense. Mais ces derniers ont décidé de passer outre. En s’engageant dans cette affaire houleuse, la Police ne fait que s’induire en erreur. De plus, durant la rencontre avec le président des huissiers de justice à Madagascar, Maitre Heriniaina Andriatsima Ravelo, le ministre de la Sécurité Publique, Norbert Anandra a eu le toupet d’affirmer que la recrudescence de la justice populaire s’explique par la non-application des ordonnances et décrets de justice. Si on prend le cas d’Ankaraoka, la Police et les forces de l’ordre servent d’oppresseurs pour obliger les exploitants miniers à se soumettre à une ordonnance qui n’a plus toute sa valeur juridique. Ce genre d’abus contraint souvent le peuple à recourir à la vindicte populaire. D’autant plus que le principal instigateur de ces manœuvres d’intimidation n’est autre que le fils du Chef de l’Etat.

Devoir de rendre des comptes

Le ministre de la Sécurité Publique Norbert Anandra appelle à chaque élément de la Police à se remettre en cause pour éviter la montée de la justice populaire. Au vu de cette descente policière à Anjozorobe, pourquoi avoir accordé l’autorisation aux unités spéciales de la Police d’accompagner Matthieu Rakotoarimanana Rajaonarimampianina? Des forces censées défendre une cause commune et non l’intérêt de la famille du Président. Une chose est sûre, ces éléments n’étaient pas présents à Ankaraoka par le fruit du hasard. Une entente a été sans doute trouvée pour que Matthieu puisse avoir l’appui de ces unités d’élite de la Police. (ndlr : les journalistes de Free News sont ont train de réunir tous les éléments pouvant corroborer cette hypothèse et nous vous les ferons savoir en temps voulu). Toutefois, le ministre a le devoir de rendre des comptes sur cette affaire et d’exiger des explications sur les responsables qui ont permis à la FIP de se rallier aux côtés de Matthieu et consorts. Dès lors, le fils du Président ainsi qu’Alphonse Andrianarimiadana encourent une poursuite judiciaire pour infraction à la décision du tribunal. D’après d’autres informations, une plainte a été déposée par un Général et un haut responsable à l’encontre de Matthieu et ses compères pour association de malfaiteurs. Autant dire que devant la gravité de la situation, plusieurs charges pèsent à leur encontre. On attend ainsi la réaction des responsables de la Police, de la Justice, de la Gendarmerie.

La Rédaction




Les commentaires sont fermées.