Flash
Préc Suiv

Vive la technologie !

Six heures du matin, une longue queue humaine est aperçue tout au long du mur des services de l’immatriculation jusqu’au ministère de la Santé et parfois un peu plus loin. Ce qui est assez habituel durant quelques mois déjà, précisément depuis qu’un délai a été fixé pour régulariser les permis de conduire et les cartes grises. Pas plus loin, au service des domaines, une autre queue se fait remarquer, et une autre encore à l’HJRA. Quoi qu’on fasse et quoi qu’on dise, les files d’attente sont une des spécialités malgaches avec le « Fotoan-gasy« . Si ailleurs on fait la queue pour regarder un concert ou pour attendre la soupe populaire, ici faire la queue fait partie du quotidien et on ne s’en lasse pas. Certains en ont même fait leur gagne-pain. Garder une place pour quelqu’un ça passe, mais la garder pour la vendre à un prix exhorbitant, particulièrement à ceux qui ne peuvent se le permettre, c’est aberrant!

Sur la forme, la plupart s’y conforment, on prend les dispositifs nécessaires pour arriver en premier sur les lieux, quitte à prendre une journée de congé. Mais sur le fond, c’est toute autre, notamment sur les réseaux sociaux. De petits groupes se forment et les discussions s’échauffent. On parle de tout et de rien, on se plaint, on critique, on fait des commentaires méchants, mais devant les faits, c’est l’impuissance. Tout le monde se plaint, sur les réseaux sociaux, des désagréments causés par la Jirama mais quand vient la fin du mois, on fait la queue par peur de voir son courant coupé. On critique la méthode adoptée pour régulariser les papiers des véhicules, mais on continue à faire la queue de bon matin et  même depuis la veille. Soit on réagit, soit on ne fait rien et on ne fait rien parce qu’on a tout simplement, peur des répercussions. Mais heureusement qu’il y a facebook pour calmer nos ardeurs. Et tant qu’à rester sans rien faire, autant râler sur une page que les principaux responsables ne lisent presque jamais.

Tahina Navalona

 

Les commentaires sont fermées.