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MASSACRE DU « 07 FEVRIER 2009 » : Volonté de récupération politique du régime

MASSACRE DU « 07 FEVRIER 2009 » : Volonté de récupération politique du régime

Le changement que les martyrs du 07 février 2009 ont tant lutté n’est toujours pas au rendez-vous.

Le neuvième anniversaire de la tuerie du 07 février 2009 sera commémoré demain. Des politiciens ont déjà annoncé leurs activités pour célébrer l’événement.

Chaque année, la conjoncture sociopolitique est toujours mouvementée à chaque commémoration de cet événement ayant marqué l’histoire du pays. Le mouvement « Dinika ho an’ny Fanavotam-pirenena » (DFP) figure parmi les premiers acteurs politiques à vouloir commémorer ce moment fort du pays en 2009, censé apporter le changement durant lequel beaucoup de martyrs ont perdu leur vie. Les partisans du leader de la révolution, Andry Rajoelina, quant à eux, sont plutôt silencieux. De leur coté, les dirigeants actuels ne manquent pas de faire la commémoration d’une récupération politique.

Depuis quelques jours, surtout, après l’annonce d’une grande manifestation par le DFP, les chaines nationales font une propagande politique à travers le recrutement des victimes de la tuerie au sein de la Fonction Publique. Une manière pour le régime de démontrer que les dirigeants prennent soin des victimes de l’hécatombe de 2009. La scission au sein de l’association des victimes ou l’AV 7, dont le pouvoir en est le responsable est, d’ailleurs, favorable aux manœuvres des dirigeants actuels qui essayent d’effacer l’histoire de la révolution orange après avoir tourné le dos à l’ancien président de la Transition, Andry Rajoelina.

Rappelons-le, tout a été clair en 2014 lorsque le Président de la république fraîchement élu, grâce à l’ancien numéro un de la Transition et son équipe, a boudé les cérémonies de commémoration de 2014 au palais de Sports de Mahamasina.

Pire

En tout cas, le changement que les martyrs du 7 février 2009 ont voulu instaurer, n’est toujours pas au rendez-vous. Les révolutionnaires ont, principalement, lutté pour la bonne gouvernance, la liberté d’expression ainsi que la démocratie. Or, tous ces points sont ignorés par le pouvoir actuel. Pour ce qui est de la mauvaise gouvernance, ce pouvoir en détient le record. En effet, pour la plupart du temps, des proches du cercle du pouvoir sont cités dans des affaires scandaleuses. C’est le cas, entre autres, de l’affaire des détournements de subventions exceptionnelles par une proche du couple présidentiel ou encore l’affaire de trafic de bois de rose saisis en 2014 à Singapour.

Concernant la démocratie, le dialogue n’est plus possible entre les acteurs de la vie sociopolitique et le pouvoir, toutes les manifestations publiques étant formellement interdites. En outre, la liberté d’expression est un vain mot, car le régime cherche à tout prix à museler la presse (brouillage de fréquences par les stations pro- régime, suspension de licence pour certains medias, etc.). Le social de la population est totalement ignoré.

En somme, les calculs politiques, à travers les gesticulations en vue de faire bonne impression aux yeux de l’opinion publique, priment sur l’intérêt des citoyens malgaches. En tout cas, pour beaucoup d’observateurs, les attitudes des gens au pouvoir constituent de vraies insultes pour les révolutionnaires et pour les martyrs de la révolution outre le fait de vouloir effacer la révolution de 2009.

Outre le fait d’avoir manipulé en sa faveur les leaders de l’association des victimes, le régime ne fait rien pour appliquer le verdict de 2010 condamnant le Président de l’époque Marc Ravalomanana à des travaux forcés à perpétuité. Ainsi, après avoir pu regagner librement le pays, ce dernier qui est parmi les responsables de l’affaire étant accusé de complicité de meurtre, n’est pas inquiété jusqu’ici. Le régime s’acharne également sur les anciens barons de la Révolution comme le sénateur Lylison ou l’ancien ministre de la Transition Augustin Andriamananoro. Ceci dit, le pouvoir actuel a fait même pire que le régime Ravalomanana à l’époque.

J.Raharisoa

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