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FORCES DE L’ORDRE A BEALANANA : Traque et intimidations pour motif de vindicte populaire

FORCES DE L’ORDRE A BEALANANA : Traque et intimidations pour motif de vindicte populaire

La semaine dernière, la gendarmerie de Bealanana a fait une fois de plus usage de force pour arrêter cinq personnes issues du fokontany d’Ankazotokana. Selon les forces de l’ordre, ces individus incarcérés étaient supçonnés d’organiser une justice populaire. Le fokontany de cette Commune, dément les faits et accuse la gendarmerie d’irresponsabilité devant l’insécurité, surtout durant la période de récolte de la vanille, produit phare de la région.  

Les faits remontent à la fin du mois d’août 2016. A l’approche de la saison de la vanille, quatre Communes dans le district de Bealanana, dont Ankazotokana et Ambodiadabo ont décidé de réunir leur force pour la création d’une plateforme pour le commerce et l’exportation de ce produit. Une association qui regroupe aussi des opérateurs locaux. Ensemble, les membres de cette plateforme ont fixé l’ouverture du marché de la vanille pour le mois de septembre 2016. Cependant, fin juillet, les vols et le marché noir se multiplient. La vanille est cueillie sur place sans qu’on puisse connaître l’identité des larrons. Des malfrats qui mettent à mal le commerce des producteurs, qui ont décidé de mener une enquête. Après avoir surveillé de près les plantations, ils s’avèrent que les voleurs étaient de mèche avec certains opérateurs. Aussitôt, le fokonolona a mis en place un comité de vigilance chargé d’assurer la sécurité de cette précieuse épice. Une mesure qui a porté ses fruits puisq’un récidiviste a été pris en flagrant délit de vol. Conduit à la gendarmerie d’Ankazotokana, le voleur a été aussitôt relâché au grand dam des villageois. En réaction à cette injustice, les habitants ont fait savoir leur mécontentement par des jets de pierres. Fin du mois d’août, des heurts ont éclaté avec les forces de l’ordre. La gendarmerie, de son côté s’est lancée à la poursuite des principaux instigateurs de cette manifestation. Depuis, la traque se poursuit et la semaine dernière, cinq personnes de la Commune d’Ankazotokana étaient aux mains des forces de l’ordre. Parmi les personnes arrêtées figurent l’ancien maire d’Ankazotokana, deux chefs de fokontany, un «sojabe» ou chef coutumier et enfin un instituteur du CEG de la région. Après s’être présentés devant le parquet, l’ancien maire ainsi qu’un chef fokontany sont placés sous mandat de dépôt en attendant leur jugement.Les trois autres ont bénéficié d’une liberté provisoire. La chasse à l’homme ne s’arrête pas là. La gendarmerie à Antsohihy a envoyé trois éléments supplémentaires pour mettre la main sur les autres manifestants, concernés dans cette affaire.

Connivence des autorités?

L’irresponsabilité de la gendarmerie face à la situation est ainsi à l’origine de ces troubles. Selon les informations recueillies sur place, les gendarmes ont manqué à leur devoir de protéger les habitants contre les trafiquants de vanille. Les mesures de sécurité prises par les producteurs avec le soutien du fokonolona sont restées vaines. En effet, l’ancien maire R.Joseph a juste incité les cultivateurs locaux à effectuer au plus vite la cueillette de la vanille au risque d’être totalement pillée par les voleurs. Entretemps, le trafic de la précieuse plante au marché noir se poursuit au nez et à la barbe des autorités. Faut-il rappeller que la culture de la vanille nécessite du temps, des soins longs et attentifs. Le vol répétitif anéantirait tous les efforts entrepris par les producteurs durant toute l’année. De ce fait, le fokonolona n’a fait que son devoir de protéger sa récolte. Aujourd’hui, on l’accuse de vouloir préparer une justice populaire en réponse à sa colère devant le laxisme des autorités compétentes. On s’étonne actuellement de voir ces vagues d’arrestation et ces gestes d’intimidation de la part des forces de l’ordre. Des forces censées assurer le bon déroulement de la période de collecte de la vanille.D’après nos sources, le chef de la Région, les gendarmes et quelques opérateurs seraient en connivence et laissent les voleurs de vanille agir en toute impunité. Il est à souligner que le marché de la vanille génère beaucoup d’argent. Cette hypothèse de complicité entre les autorités n’est pas à écarter compte tenu de l’enjeu. Autrement, comment peut-on expliquer le fait qu’un voleur présenté à la gendarmerie est remis en liberté? Une fois de plus, la population n’accorde plus sa confiance aux autorités locales et finit par se révolter. L’année dernière, l’ouverture du marché de la vanille a été perturbée par ces sabotages dont on ignore jusqu’ici les commanditaires. L’affaire est loin d’être tirée au clair. La population locale dépouillée de ses productions réclame juste que justice soit faite.Pire, les habitants sont accusés à tort de semer la pagaille. Ils sont persécutés, jetés en prison par les forces de l’ordre, qui sont visiblement déterminées à terroriser les habitants.

La Rédaction

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