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SENATEUR LILYSON : Pourquoi tant d’acharnement?

SENATEUR LILYSON : Pourquoi tant d’acharnement?

Le sénateur Lilyson.

Alors que le pays est au bord d’une explosion sociale avec l’inflation généralisée, l’Etat use de tous les moyens pour continuer à s’acharner sur ses adversaires politiques. Comme si la conjoncture actuelle n’est pas suffisamment critique pour perdre le temps à un règlement de compte inutile. C’est le cas du sénateur Lilyson, toujours persécuté par le pouvoir pour avoir osé tenir tête à un régime défaillant.

L’acharnement sur le sénateur se poursuit de plus belle avec les manœuvres politiques visant à lui ôter toute possibilité de se défendre et l’isoler. En effet, c’est le président du Sénat, Honoré Rakotomanana en personne qui compte se saisir de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) pour effectuer une constatation de déchéance à l’égard du sénateur, toujours recherché par les forces de l’ordre. Pour le président du Sénat, son absence au sein de la chambre haute expliquerait cette demande de déchéance. Or, aucune loi ni texte dans la Constitution ne justifierait un tel acte. Pour un bref rappel, le seul et unique tort que le régime reproche au sénateur MAPAR c’est d’avoir voulu organiser une ville morte dans la capitale et sur tout le territoire en signe de mécontentement sur l’incompétence du pouvoir. L’appel à une ville morte est une pratique courante dans les pays développés et ne devrait pas constituer quelconque forme d’infraction. Pourtant, le pouvoir l’accuse de déstabilisation et d’atteinte à la sureté de l’Etat. Traqué par les forces de l’ordre, Lilyson est obligé de se cacher pour sa sécurité. En octobre 2016, son avocat a transmis au Sénat une lettre d’excuse pour cas de force majeure. Si le Sénat devait trancher sur le cas de Lilyson, ce serait uniquement en référence aux règlements intérieurs. Et encore, toute décision de déchéance devrait être examinée durant la session la plus proche (mois de mai) et avec la présence de tous les sénateurs. Entant lui-même un juriste confirmé, Honoré Rakotomanana maitrise plus que quiconque toutes ces procédures. De plus, en faisant appel à la HCC, le président de la chambre haute connaît à l’avance la réponse de Jean Eric Rakotoarisoa. Frappé à la porte d’Ambohidahy n’est donc qu’une simple formalité, un semblant de légalité puisque la HCC, étant acquise à la cause du régime, accordera à coup sûr la déchéance du sénateur Lilyson.  

 

Les priorités sont ailleurs

 

Le président du Sénat, Honoré Rakotomanana.

En parlant de la HCC, les décisions prises jusqu’ici par Jean Eric Rakotoarisoa suffisent à prouver que cette haute instance judiciaire est dénuée de toute indépendance. L’année dernière, la HCC n’a hésité à valider la loi sur la communication médiatisée, alors reconnue par tous comme étant liberticide. Récemment, Jean Eric Rakotoarisoa a estimé que le Conseil Supérieur de la Magistrature ne devait pas être reconnu en tant qu’institution au même titre que le Président de la République, le Gouvernement ou les deux chambres parlementaires. On s’étonne ainsi de voir que le président de la HCC puisse encore se référer à la Constitution quand bon lui semble. Alors que lui-même est en violation flagrante de la Constitution en prolongeant son mandat jusqu’en 2023. Toujours par rapport à la légitimité, faut-il rappeler que Lilyson est un sénateur élu alors que le président du Sénat, Honoré Rakotomanana, lui, a été nommé. L’attitude d’Honoré Rakotomanana de vouloir à tout prix la déchéance de Lilyson relève d’un pur excès de zèle. Un comportement irréfléchi en sachant que la chambre basse est supposée être un comité de sages. Contraint de s’absenter au Sénat, Lilyson n’a aucune garantie sur sa sécurité mais aussi sur un procès juste et équitable dans le cas où il sera traduit en justice. En outre, le chef de l’Etat s’est vanté d’avoir fait le plus dur en instaurant la réconciliation nationale alors qu’il s’acharne sur ses adversaires politiques. Hery Rajaonarimampianina semble oublier qu’à force d’insister à ce jeu de chasse aux sorcières, il risque à son tour de se trouver à la place du pourchassé. Bref, l’heure n’est plus au règlement de compte et aux vengeances inutiles. Il faut en finir avec les vieilles rancunes politiques. Le fait d’avoir la tête du sénateur Lylison ne règlera pas les problèmes d’inflation, de délestage, de hausse du carburant et de l’insécurité dans le pays. Jusqu’à quand le régime comprendra-t-il que le pays part à la dérive et que les priorités sont ailleurs?

La Rédaction

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