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R.F.M ET RECONCILIATION NATIONALE : Le fédéralisme est remis sur le tapis

R.F.M ET RECONCILIATION NATIONALE : Le fédéralisme est remis sur le tapis

L’Etat unitaire est de plus en plus critiqué.

  Depuis des années, les fédéralistes arguent surtout sur la non-répartition équitable des richesses nationales pour faire le poids devant les adeptes d’autres formes d’Etat.  

Le Rassemblement des Fédéralistes à Madagascar (RFM) prône le fédéralisme comme la solution qui permet de concrétiser une véritable réconciliation nationale à Madagascar. « L’article 54 de la Constitution n’a jamais été appliqué. Et même si on change le gouvernement tout le temps, rien ne changera si la loi fondamentale pour l’organisation de l’Etat n’est pas instaurée », a indiqué Ferdinand Razakarimanana, président national du RFM. Selon ses dires, la structure actuelle ne permet pas à la population de participer à la vie publique. Ainsi, le système est favorable aux abus de pouvoir de la part du pouvoir central, en bloquant par exemple les subventions destinées aux communes ou même en emprisonnant des maires qui n’épousent pas le même point de vue que les dirigeants. Ce fédéraliste explique également que la forme d’administration en vigueur sème une confusion entre les structures déconcentrées et décentralisées, ce qui empêche les communes de mener un véritable processus de développement local. « La constitution actuelle prévoit l’Etat unitaire. Le fédéralisme est la seule forme d’organisation d’Etat, garant du développement du pays », a affirmé par ailleurs, Max Fabien Andrianirina, un membre de la plateforme. Selon ses dires, l’objectif est de donner le pouvoir au peuple. En effet, le fédéralisme comprend trois principaux organes : le pouvoir exécutif, ce sont les « chef de fokotany » élus par la population locale et redevable envers elle-même, le pouvoir législatif : le peuple, et le pouvoir judiciaire : le « dinam-pokonolona » appuyé par la loi en vigueur adoptée par les parlements. D’après les fédéralistes, nombreux pays optent pour cette forme d’Etat comme la Suisse, le Canada ou encore les Etats -Unis d’Amérique. Les fédéralistes sont ainsi convaincus que cette forme d’Etat permet de consolider les liens et en particulier la solidarité entre les citoyens malgaches. D’après toujours leurs explications, les Malgaches sont intéressés par l’adoption du fédéralisme et convaincus que cette structure   rendra encore plus les Malgaches plus solidaires entre eux. Pour aboutir à cette vision, la mise en œuvre d’un projet de constitution s’avère incontournable.

Crise interminable

Les fédéralistes prévoient d’organiser de consultation dans les régions de Madagascar afin de recueillir les aspirations de la population sur le fédéralisme adapté au pays. Ceci avant d’organiser le congrès national. Il s’agit d’aboutir à un projet de constitution prévoyant le fédéralisme qui sera confronté à la constitution prévoyant l’Etat unitaire. En tout cas, le fédéralisme a été surtout sollicité à Madagascar au fur et à mesure où les critiques à l’endroit de l’Etat unitaire trop centralisé ont fusé de toutes parts. Par ailleurs, on tient à préciser que le RFM n’est pas la seule entité politique qui sollicite l’adoption du fédéralisme, Edgard Razafindravahy du parti Antoka sy Dinan’ny Nosy (ADN) et non moins ex-candidat à la présidentielle de 2013 prône un fédéralisme à sa manière, cette fois-ci, « modéré ». Quoi qu’il en soit, l’on se demande s’il est peut-être temps de se pencher sur la forme d’Etat idéal pour le pays. D’ailleurs, l’Etat unitaire centralisé n’a sombré le pays que dans une crise interminable. Après la province autonome de la deuxième République, la décentralisation n’a mené à rien jusqu’ici, celle-ci n’ayant jamais été effective faute d’une volonté politique de la part des dirigeants et un non-transfert des ressources et la persistance de la culture du centralisme.

J.Raharisoa

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