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HAUSSE DES PRIX DU CARBURANT : Un audit, encore un autre, pour faire diversion

HAUSSE DES PRIX DU CARBURANT : Un audit, encore un autre,  pour faire diversion

A l’issue du conseil du gouvernement spécial qui s’est tenu en urgence au Palais de Mahazoarivo, mardi dernier, il a été décidé entre autres « un audit de la structure de prix du carburant ». D’après le communiqué, les conclusions d’un tel audit permettraient de trouver « une solution qui tend à préserver l’intérêt général » face à ces hausses incessantes des prix à la pompe. Certes, d’aucuns pourraient voir à travers cette décision du gouvernement que ce dernier a décidé de prendre enfin le taureau par les cornes et de s’atteler dorénavant au mieux-être de la population. Néanmoins, seuls les crédules tomberont dans le panneau. En effet, ce n’est pas la première fois qu’une telle décision est prise en haut lieu afin de prétendument mettre en évidence des mécanismes au sein d’une structure ou d’une société qui nuisent à l’intérêt général. Il y eu ainsi l’audit de la Jirama dont l’objectif était d’améliorer et d’assainir sa gestion. En effet, nul n’ignore que l’Etat malgache affecte l’équivalent de 3 millions d’euros par mois en guise de subventions à cette société.  

 

De l’argent perdu

 

L’audit a ainsi été effectué et les résultats remis par le cabinet « Delta Audit » à qui de droit. Néanmoins, si tout le monde s’attendait à des réformes en profondeur afin de remettre à flots la Jirama qui est en train de couler, c’est toujours le statu quo. Pire, les mauvaises pratiques continuent pour ne citer que cet appel d’offres en vue de la fourniture de carburants pour les centrales thermiques et dont Madagascar Oil a été écarté alors qu’elle est en mesure de fournir du fuel lourd, moins cher que le gasoil. En somme, les 1,3 million de dollars alloués par la Banque mondiale pour cet audit auraient été dépensés pour rien. Et c’est ce qui risque encore de se passer avec cet « audit de la structure de prix du carburant commandé par le gouvernement, avec l’appui de la Banque mondiale ». En effet, tout comme avec la Jirama, rien ne sera entrepris malgré les conclusions de cet audit. En fait, il n’aura servi qu’à détourner l’attention de l’opinion et à faire patienter la population, sans plus.

N. Randria

 

Audit de la Jirama : des conclusions qui sont restées lettre morte

 Selon Delta Audit, le cabinet en charge de cet audit de la Jirama, « 77 contrats répartis entre 20 opérateurs et se décomposant en location de centrale thermique (13 contrats), location de groupes (58 contrats) et achat d’énergie (6 contrats) ont été recensés ». Delta audit a ainsi constaté que « les contrats n’ont pas été répertoriés au niveau de l’ARMP (Autorité de Régulation des Marchés Publics), à part deux contrats n’entrant pas dans le cadre de ladite mission. » Par ailleurs, « 33 (trente-trois) contrats, auraient dû passer par les procédures normales de passation de marchés, au vu de leurs montants supérieurs ou égaux aux seuils définis par la règlementation des marchés. »    

« Contournement de marché public »

Selon toujours les conclusions de cet audit, « 36 (trente-six) contrats de location de groupes peuvent être assimilés à des suspicions de contournement de marché public par l’utilisation de délais de contrat court (généralement de 06 mois à 01 an renouvelable) de façon à ne pas atteindre la limite du montant obligeant de passer par les procédures d’appel d’offres. Par la suite, ils sont reconduits tacitement. 5 (cinq) contrats de location ne devraient pas être urgents au moment des faits et qui devraient donc passer par la procédure d’appel d’offres car il y avait une augmentation de la capacité de production de l’énergie qui, d’après nous, est tout à fait prévisible et non urgent». Enfin, « 11 (onze) contrats ne devraient même pas être établis au moment des faits, car les prestataires qui les ont précédés ont couvert largement les besoins si les loueurs ont respecté leurs engagements ».    

« Des mesures à prendre dans l’immédiat »

  En conclusion, Delta Audit souligne que : « en définitive, l’exécution et la mise en œuvre des contrats des fournitures d’énergie sont loin de satisfaire, aussi bien la Jirama, que les utilisateurs et les clients et qu’il y a lieu d’arrêter toute forme d’exagération. En ce sens, l’audit effectué sur les contrats nous a permis de proposer les solutions et recommandations. L’importance démesurée du poids des opérateurs privés dans le processus de fourniture d’énergie à la Jirama n’est plus à démontrer, tant financièrement en grevant l’équilibre financier de la Jirama, que techniquement par l’insuffisance notoire de l’énergie fournie. Aussi des mesures devraient être prises dans l’immédiat». Mais des mois après cet audit, rien n’a encore été fait au niveau de la Jirama.

 

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