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A désespérer !

Hormis quelques réactions isolées, la population semble se résigner à accepter les nombreuses hausses de prix, notamment ceux du carburant, des tarifs des transports et du riz. Effectivement, ce ne sont pas les seuls qui ont connu une augmentation car l’inflation se généralise, touchant tous les produits sur le marché à l’instar des PPN, des médicaments ou autres. Malgré tout, aucun mouvement de revendication, comme si c’était normal. Ailleurs pourtant, en 1984 en Tunisie, une simple hausse du prix du pain avait suscité la colère de tout un peuple. Le Président Habib Bourguiba avait dû proclamer l’état d’urgence. Et au lendemain d’une émeute qui avait fait plus de 150 morts et des centaines de blessés, le Président tunisien s’était résolu à l’annulation de la hausse du prix du pain. Les Malgaches, dit-on, se caractérisent par leur endurance, et c’est sans doute à cause de cela – et en toute connaissance de cause – que leurs dirigeants en profitent pour les laisser à leur sort, se disant qu’il sera toujours temps de procéder à des solutions d’urgence et provisoire quand cela commencera à bouger. En attendant, leurs priorités sont ailleurs. Ainsi, au sommet de l’Etat, on préfère se pavaner sur la scène internationale en y faisant étalage de ses nouveaux « titres de noblesse », à savoir la présidence du Comesa et celle de la Francophonie, ainsi que de l’onction toute fraîche des bailleurs via les promesses de la CBI. Sans doute même était-il trop obnubilé par ses « nouvelles charges » qu’il a été le seul parmi tous les chefs d’Etat présents lors de la photo de famille à Addis-Abeba à arborer le médaillon de ce 28e sommet de l’UA sur le revers droit de son veston. Un peu plus bas dans la hiérarchie, chacun se préoccupe pour son devenir à l’approche de l’inévitable remaniement gouvernemental. Ceux qui savent que leur chance d’être reconduits est mince, voire inexistante, sont en train de faire tout leur possible pour tirer avantage une dernière fois de leur statut, utilisant ce qui reste du budget de leur département pour leur profit personnel. Les autres qui jouissent de hautes protections et qui ne risquent tout au plus qu’une mutation font également des pieds et des mains, mais cette fois-ci, pour espérer être recasés au sein d’un département ministériel « lucratif ». En effet, nul n’ignore que certains ministères sont mieux lotis que d’autres en matière d’allocation budgétaire. La population, elle, reste inerte, comme anesthésiée malgré les souffrances qu’elle doit endurer au quotidien. Un électrochoc seul pourrait l’en tirer mais jusqu’ici, on voit mal une situation qui pourrait en faire office car même l’ultime affront aux valeurs ancestrales que constitue le non-respect d’un deuil n’arrive pas à la révolter.

Randria

 

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