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VINDICTES POPULAIRES : Le SMM tente de redorer son blason

Le SMM risque encore de nourrir de faux espoirs aux observateurs.

La méfiance de la population envers le système judiciaire est surtout à l’origine de la recrudescence des vindictes populaires enregistrées ces dernières années.

« On n’a pas la solution jusqu’ici. Mais le syndicat des Magistrats est prêt à prendre sa responsabilité », a affirmé hier la présidente du syndicat, Fanirisoa Ernaivo en marge de la passation de service entre cette dernière et le président sortant à Anosy. «Divers acteurs sont concernés dans l’éradication du phénomène. Il appartient aux journalistes par exemple d’informer les citoyens et de les éduquer », a-t-elle indiqué. D’ailleurs, selon ses dires, dans la capitale, peu de gens connaissent l’état d’esprit des « Dina » locaux dans les autres régions de Madagascar. Ainsi, afin de trouver des solutions aux vindictes populaires, le SMM prévoit d’organiser une réflexion nationale sur la pratique de celles-ci dans toute l’île. D’après toujours les explications de notre interlocuteur, la priorité du syndicat est également de sensibiliser la population sur la loi en vigueur afin de lutter contre la corruption. Ceci à travers une approche de proximité. La protection de l’indépendance de la Justice, garante d’une justice impartiale et crédible, figure également parmi les points évoqués par le numéro un du bureau du syndicat. Elle d’insister, en outre, sur le réexamen du statut des magistrats et du règlement intérieur.

Mainmise

Ceci dit, le Syndicat des Magistrats de Madagascar (SMM) tente de redorer son blason après les critiques incessantes concernant la méfiance entre la population et le système judiciaire. Or, l’indépendance de la Justice reste un vain mot sans une volonté politique des dirigeants. La corruption au niveau du système judiciaire et l’intervention « étatique » dans les affaires judiciaires expliquent surtout la raison des vindictes populaires. Pour beaucoup, les magistrats semblent impuissants face à ce fléau. Ainsi, par peur d’être l’objet de mesures disciplinaires ou d’être affectés dans des régions reculées, les magistrats n’a d’autres choix que d’obéir aux instructions de leur supérieur hiérarchique. Ceci outre les juges qui ne se contentent pas de leurs conditions de travail avec un salaire exorbitant comparé au salaire moyen des fonctionnaires et au Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti ou SMIG dans le secteur privé, sans parler des indemnités et autres avantages.

Tout compte fait, l’éradication du fléau requiert une vraie volonté politique d’y mettre fin. Des mesures devraient s’imposer dans le milieu du système judiciaire et les dirigeants devraient oser prendre des décisions déterminantes sur le plan structurel. Toutefois, la chance d’y aboutir est très faible puisque comme d’habitude, les déclarations pourraient être encore des effets d’annonce. En tout cas, on a intérêt à résoudre les vindictes populaires qui menacent fortement la paix et l’harmonie sociale.

J.Raharisoa

Rien d’étonnant si la population n’a plus confiance en la Justice. En effet, au lendemain de son élection à la présidence du syndicat des magistrats, l’actuelle présidente a prôné l’indépendance des magistrats. Mais le contraire a été prouvé dans le traitement de l’affaire sur Soamahamanina impliquant l’ancien ministre des Postes et des Télécommunications, Augustin Andriamananoro. Sur l’affaire Anjozorobe, le PPCA a accepté un recours hors délai, c’est du jamais vu. Ces deux cas sont loin d’être des cas isolés.

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