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HAUSSE DES FRAIS DE TRANSPORTS : Le gouvernement a pris une solution « tip-top »

HAUSSE DES FRAIS DE TRANSPORTS :  Le gouvernement a pris une solution « tip-top »

L’Etat a l’habitude de jeter de l’huile sur le feu.

Comme il fallait s’y attendre, la plupart des coopératives de transport urbain ont décidé d’augmenter à 500 ariary le frais dans la capitale depuis hier. Mais face au danger que la situation présente, un conseil de gouvernement spécial a été tenu à Mahazoarivo. Des mesures d’urgence ont été prises, pour, en réalité, se moquer de la population.

De qui se moquent-ils les dirigeants en général et les membres du gouvernement d’Olivier Solonandrasana Mahafaly, en particulier? Cela fait une semaine que les transporteurs regroupés au sein de l’UCTU ont annoncé leur ferme décision de revoir à la hausse le frais de transports dans la Capitale et ses environs. Mais cela fait des mois qu’ils ont lancé un avertissement sur une telle éventualité. Le non déblocage des arriérés de subventions de l’Etat aux transporteurs, face notamment à la hausse vertigineuse des prix du carburant en est la principale raison. Mais aucune mesure n’a été prise jusqu’à ce que cette décision soit appliquée.

Hier matin, lorsque le gouvernement a constaté que la hausse des frais de transports est effective et est suivie par 62 coopératives regroupées au sein de l’UCTU, une réunion d’urgence a été organisée au palais de Mahazoarivo. Mais ridicule comme s’il ne l’a jamais été, il évoque, entre autres raisons de ce conseil de gouvernement spécial, la nouvelle hausse des prix à la pompe appliquée depuis hier sur le sol malgache, (120 ariary/litre pour le gasoil, 160 ariary/litre pour l’essence) , la hausse insoutenable des prix de produits de première nécessité et cette augmentation des frais de transports.

Incompétence et irresponsabilité

Il n’y a pourtant que l’incompétence et l’irresponsabilité qui peuvent réellement justifier ce conseil de gouvernement d’urgence à Mahazoarivo hier. En dehors de la hausse des frais de transports annoncée depuis plusieurs jours, la hausse des prix à la pompe est prévisible et est décidée le plus souvent à l’issue d’une rencontre tripartite entre les représentants de l’Etat, l’Office des hydrocarbures et les compagnies pétrolières. La flambée des prix des PPN peut également être prévue, en fonction, entre autres, des données et informations que les ministères de tutelle doivent disposer.

Mais prenant justement les Malgaches comme des moins que rien, la majorité de la population comme des citoyens de seconde zone, les dirigeants font semblant de ne rien savoir que depuis hier. Et pour soigner leur image, ils se montrent plus réactifs et décisifs que jamais au moment où la situation semble difficile. L’idée est de convaincre les citoyens lambda que l’Etat veille, comme jamais, au bien-être de l’ensemble de la population. Tout cela bien que le Président de la République prenne son plaisir à côtoyer le beau monde à travers des voyages à l’étranger alors que la population souffre.

Mais, il y aura certainement des citoyens qui en seront convaincus, parce qu’ils ignorent peut-être encore la réalité. Fort heureusement que la majorité des Malgaches ne sont pas dupes, du moins c’est ce qu’on aimerait bien le croire.

Ce qui est alors flagrant est que pour la première fois de l’histoire, notamment depuis sa formation, le gouvernement d’Olivier Mahafaly Solonandrasana évoque le terme « situation qui pénalise la population », comme si les membres de ce gouvernement ignorent que toute la situation actuelle a déjà pénalisé les Malgaches. Pas plus tard qu’au début de la semaine, le Premier ministre a reçu les représentants du gouvernement américain , dirigé par l’ambassadeur Robert Yamate, qui ont remis une aide d’urgence supplémentaire de plus de 2 millions de dollars pour venir en aide aux victimes de la sécheresse dans le sud, mais le terme semble encore échappé au Chef du gouvernement.

Décision cinglante et menace

Pour ce qui est de la hausse des frais de transports, la décision prise par le gouvernement a été plus cinglante. L’ordre est en effet donné pour débloquer les arriérés des subventions liées aux mesures de compensation en vigueur, conformément à l’accord entre les transporteurs et l’Etat en octobre 2016. Des solutions semblent être également en étude pour stabiliser les prix à la pompe, parce que le communiqué du gouvernement souligne la stabilisation du prix du baril sur le marché mondial ces derniers mois.

Le gouvernement reconnaît que « De janvier à octobre 2016, aucune compensation n’a été allouée (aux transporteurs, ndlr), parce que « durant le premier semestre 2016, le prix du gasoil a été favorable au maintien des frais de transports. Cependant, la tendance à la hausse du prix des carburants depuis juillet 2016 a fait en sorte que le prix de référence de 2 860 ariary est largement dépassé » et que « le paiement de la compensation est devenu inéluctable afin d’éviter la tension sociale, à partir du mois de novembre. Mais rien n’a été fait jusqu’ici.

Sans scrupule aucun, il est évoqué que le paiement des compensations des mois de novembre et décembre 2016 aura lieu le 4 février 2017. Le nombre des véhicules bénéficiaires inscrits en est de 6 035, répartis sur 156 coopératives. Mais pire encore, le gouvernement menace même les transporteurs qui ont opté de hausser les frais de leurs transports de ne pas payer leur subvention.

Ainsi, l’on demande vraiment, si c’est pour la population que le gouvernement a réellement pris la décision d’hier ou pour provoquer les transporteurs ? En tout cas, la situation est claire. Les membres du gouvernement craignent notamment une explosion sociale, due entre autres, à la hausse des frais de transports, ce qui pourrait leur coûter leur fauteuil doré. Sinon, il n’aurait pas pris la moindre décision, ni tenu un conseil de gouvernement spécial pour résoudre les problèmes des frais de transports. Avec le geste qu’il a fait et annoncé hier, le staff d’Oliver Mahafaly Solonandrasana croit que sa part de responsabilité est remplie. Mais la réalité est qu’il n’a apparemment rien fait, au contraire, la décision qu’il a prise risque d’envenimer la situation.

Vavah R.

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