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Sévices publics

Sévices publics

Les usagers des routes malgaches figurent décidément parmi les plus à plaindre au monde. Si l’on ne parle plus du piteux état des infrastructures autant dans les zones rurales qu’en milieux urbains, ou encore des dépenses en sus à payer pour une place de parking, la biométrisation des permis et cartes grises, superflues, non-prioritaires et exorbitantes étant donné le pouvoir d’achat actuel des Malgaches, l’appréhension des accidents routiers hante les esprits. Irresponsabilité et incivisme aidant, ces derniers se font malheureusement de plus en plus fréquents et de plus en plus meurtriers ces derniers temps.

Ces mêmes irresponsabilité et incivisme font également oublier ou volontairement négliger le fait qu’opérer dans le secteur des transports publics astreint à une obligation de résultats, elle-même régie par un cahier des charges. De telle sorte qu’ils font bien partie des scènes de vie quotidienne, ces taxi-be s’arrêtant à mi-chemin de l’axe qu’ils sont censés desservir ou qui, alors qu’ils sont assez nombreux à ne plus savoir qu’en faire au sein d’une coopérative, disparaissent le soir comme par enchantement, générant des files monstres de personnes aux mines inquiètes de ne pouvoir rentrer chez elles et attendant qu’un ou deux d’entre eux daignent bien faire leur travail. Bref, des usagers soumis à l’humeur, au bon-vouloir des transporteurs.

Le cahier des charges, ils s’assoient dessus. Pareillement pour le civisme et le respect. Et pour couronner le tout, ils prennent la population en otage en brandissant la menace de revoir les tarifs à la hausse chaque fois que cet Etat décidément défaillant peine à payer leurs subventions. Il y a de cela maintenant trois ans, cette question de la subvention dont les autorités de tutelle avaient alors décidé de supprimer une partie, de même que l’augmentation des coûts d’entretien et des pièces de rechange, ainsi que la nécessité d’améliorer la qualité de services, avaient été avancées par ces « professionnels des transports » pour motiver la hausse des tickets à 400 ariary. Trois ans après, les strapontins sont toujours automatiquement déployés pour quelques ariary de plus, les surcharges et les « tapa-dalana » toujours monnaie courante, et les taxi-be blessent ou tuent toujours autant. Et, trois ans après, une partie d’entre eux – pas n’importe lesquels : ceux dont les services laissent le plus à désirer ! – veulent 500 ariary pour une place.

Enfin… Certes, il n’y avait guère le choix, l’Etat n’ayant pas les moyens de l’assurer, c’était le risque à prendre en confiant un service public à des opérateurs privés. Il y avait une chance sur deux que l’on tombe sur des transporteurs évidemment soucieux de tirer des bénéfices de leurs activités, mais aussi citoyens, responsables et respectueux. Et il en existe bel et bien, fort heureusement. Il n’empêche que le calvaire est, hélas, quasi-général.

N.R.

 

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