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LALATIANA RAVOLOLOMANANA : « La mauvaise pratique demeure »

Le régime fait mariner l’opposition, selon Lalatiana Ravololomanana.

Trois années après les législatives, la place de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale reste vide. Lalatiana Ravalolomanana de « Manda ho an’i Firaisam-pirenena » ne mâche pas ainsi ses mots pour en critiquer le régime mais également pour fustiger les partis de l’opposition. Concernant son parti, cette conseillère municipale indique qu’il restera une opposition extraparlementaire.

« Il n’existe pas une opposition officielle à Madagascar. Les partis se déclarant être de l’opposition n’arrivent pas à se mettre sur la même longueur d’onde. Ils veulent tous être leaders », a indiqué hier Lalatiana Ravololomanana, présidente du « Manda ho an’i Firaisam-pirenena ». Ce, lors d’une conférence de presse organisée hier à son domicile, à Ivandry. C’est une manière de dire pour cette conseillère municipale à la Commune Urbaine d’Antananarivo (CUA) qu’au sein des partis de l’opposition, le « chacun pour soi » fait rage.

«L’opposition officielle à la Chambre basse devrait avoir son poids pour pouvoir faire face aux 151 députés élus au sein de ce parlement ». Dans son analyse, Lalatiana Ravalolomanana ira même jusqu’à fustiger le Malagasy Miara Miainga (MMM) de Hajo Andrianainarivelo qui cherche à prendre la place de l’opposition officielle à la Chambre basse. « Je me demande pourquoi le MMM a encore demandé l’avis de la Haute cour constitutionnelle (HCC). Cette institution ayant déjà affirmé par un avis du 17 août que l’opposition est essentiellement représentée par l’opposition parlementaire constituée par l’ensemble des partis politiques qui ne forment pas la majorité parlementaire».

D’après ses explications, « Manda ho an’ny Firaisam-pirenenana » restera une opposition extraparlementaire sans qu’il n’ait pas un consensus avec les autres partis ayant déclaré leur statut d’opposant auprès du ministère de l’Intérieur. L’idée en est de faire en sorte que son parti, même en dehors de l’Assemblée nationale, joue le rôle de contre-pouvoir et d’équilibre de pouvoir. Lalatiana Ravololomanana exclut malgré tout l’idée d’un coup d’Etat qui n’a fait qu’appauvrir de plus en plus le pays, selon ses dires.

Mauvaise pratique

« La pratique politique à Madagascar n’a pas encore changé », regrette Lalatiana Ravololomanana. « Les partis ayant signé la charte de l’opposition doivent s’engager à changer leur pratique politique et faire tout leur possible pour considérer le bien être des Malgaches », a-t-elle affirmé. Malgré tout,  le pour fait mariner l’opposition en essayant de retarder à tout prix l’installation de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale. Ceci dit, l’existence même de l’opposition sera mal vue par ces dirigeants habitués à n’en faire qu’à leur tête en manœuvrant les députés à leur guise. Le pouvoir trouve toujours des prétextes pour échapper à l’application de la Constitution et du statut de l’opposition, quitte à mobiliser les institutions s’avérant les derniers remparts du régime comme la HCC.

Des politiciens se sont déjà prononcés par rapport à la question. Le député Naivo Raholdina du Mapar et le maire Jean Louis Robinson du parti Avana et non moins ex- candidat à la présidentielle de 2013, ont déjà fustigé le régime à ce propos. Ils ont laissé entendre que les dirigeants ont apparemment peur de l’opposition qui jouera certainement le rôle de contre pouvoir. Toavina Ralambomahay de l’association Humaniste Ecologiste, lui attribue la faute à la HCC. « Si la HCC n’avait pas bloqué la nomination du chef de l’opposition par les partis non parlementaires en 2014, le MMM n’aurait pas eu autant de difficultés à ravir ce poste», a-t-il expliqué.

J.Raharisoa

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