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CONTEXTE SOCIO-ECONOMIQUE : Il faut laisser le peuple malgache s’exprimer

Le Président américain Donald Trump

La liberté d’expression est un droit fondamental dans tout pays démocratique à travers le monde. En décidant d’élire un Président, le peuple a placé sa confiance dans ce dernier pour mener à bien le fonctionnement de l’Etat. Si le chef de l’Etat prend une décision en opposition avec l’opinion générale, les citoyens expriment leur désaccord et le font savoir sans pour autant chercher à renverser le Président élu. Qu’en est-il à Madagascar?

Un peuple qui s’exprime est un peuple libre. C’est ce qui est supposé être conforme à toute démocratie. Un principe bien illustré par la forte mobilisation constatée aux Etats-Unis suite aux bouleversements effectués par Donald Trump. En effet, le Président américain fraîchement élu provoque des remous au sein de la société américaine après la signature de plusieurs décrets à controverse. A peine 10 jours de son entrée à la Maison Blanche, Donald Trump est sans doute le Président le plus contesté d’Amérique. Des séries de contestation se font sentir à l’intérieur du pays aussi bien à travers le monde. Il y a une semaine, le Président américain vient d’annuler la loi sur le mariage homosexuel. Ce qui a provoqué l’indignation au sein de la communauté Gay aux Etats-Unis. Récemment, Trump vient de ratifier un décret pour interdire l’entrée sur le sol américain des étrangers issus de sept pays musulmans. Devant tout ce remue-ménage, le peuple américain ne reste pas les bras croisés et fait savoir son désaccord à vive voix. Des défenseurs des droits de l’Homme et autres associations ont déposé une plainte auprès de la justice américaine. Celle-ci a décidé de suspendre la décision de Trump sur ce décret anti-immigration. Cette Cour estime que les mesures prises par le Président est anticonstitutionnelle puisqu’elle s’attaque aux valeurs fondamentales qui ont fondé les Etats-Unis. La religion fait partie de ces valeurs de base. Même l’ancien Président Barack Obama est sorti de son silence pour faire savoir son «Profond désaccord sur des mesures discriminatoires fondées sur les croyances et la religion».

Le droit de contester

A travers la réaction du peuple américain, les Malagasy doivent tirer le bon exemple. Malgré l’obstination de Donald Trump qui n’aime pas avoir tort, les institutions mises en place depuis des lustres sont suffisamment fortes pour écouter les citoyens et freiner les ardeurs du nouveau Président américain. S’agissant des pays africains, Barack Obama, à l’époque ne cessait de répéter que «Ce ne sont pas des hommes forts qu’il faut pour l’Afrique mais des Institutions fortes».Pour le cas de Madagascar, les instances judiciaires sont là pour défendre les intérêts du pouvoir que ceux du peuple. La justice malgache n’est pas assez indépendante et puissante pour s’opposer aux dérives et abus perpétrés par les décideurs. Souvent manipulée et soumise à diverses pressions, la justice fléchit devant l’impunité. Par ailleurs, à la moindre défaillance ou dysfonctionnement social, la population dans les pays développés jouit de son droit de s’exprimer. A Madagascar, la situation est telle qu’on ne peut plus parler de période de soudure. La société malgache traverse actuellement une crise socio-économique sans précédent avec le délestage, la coupure d’eau, la flambée du prix du riz, la hausse des frais de transport, l’insécurité et tout récemment la coupure de la connexion internet. A ce sujet, même si le pourcentage de la population ayant accès à internet reste encore faible, le web est un outil de travail indispensable surtout dans les grandes villes. Avec les dégâts causés par le fournisseur d’accès à internet (FAI) Telma, ce sont les PME telles que les cybercafés qui souffrent le plus de l’absence de connexion. Les grandes entreprises elles, bénéficient du basculement vers l’opérateur Orange. Devant tout ce malaise, le peuple malgache a le droit de contester au même titre que le peuple américain. Il faut permettre au peuple de s’exprimer puisque manifester ne signifie pas renverser le Président au pouvoir. C’est souvent ce que craignent les dirigeants, habitués à confondre mouvement de contestation et coup d’Etat. Faut-il encore arriver à cette étape ultime pour enfin écouter les appels de détresse des Malagasy?

La Rédaction

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