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ACCIDENT A ANJOZOROBE : Indifférence totale du couple présidentiel face aux victimes

ACCIDENT A ANJOZOROBE : Indifférence totale du couple présidentiel face aux victimes

Choquant et scandaleux à la fois! Ce sont les qualificatifs qui traduisent l’attitude du Président de la République devant le terrible accident qui s’est produit samedi. Quatre jours après les faits, même pas un seul mot n’a émané de la Présidence en signe de compassion aux 47 morts et aux nombreux blessés dont les chances de survie restent incertaines. Par son silence, le régime continue à ignorer le sort des vivants autant que des morts. Pire, Rajaonarimampianina rejette toute responsabilité sur le drame et attribue la faute aux autres.

Certes, le tragique accident qui s’est produit à Anjozorobe samedi dernier n’est pas causé par un attentat terroriste ou un événement particulier lié à l’intégrité de la Nation. Il ne s’agit pas non plus d’un acte volontaire portant atteinte à la sécurité intérieure du pays. C’est un accident de la circulation comme tant d’autres mais un qui a coûté la vie à 47 personnes et décimé entièrement 6 familles, mais qui relève malgré tout de la sécurité routière, donc de la responsabilité de l’Etat. En tant que Président de la République, Hery Rajaonarimampianina a son rôle à jouer en tant que «Raiamandrenin’ny Firenena» ou père de la Nation. Idem pour la Première Dame en tant que mère de tous les Malgaches. Mais en aucun cas, ils ne se sont présentés au chevet des blessés préférant envoyer les trois ministères à leur place.

En tant Raiamandreny, le couple présidentiel doit partager les maux des Malgaches. Ceci, peu importe les circonstances du drame, car cet incident de samedi a laissé des séquelles touchant plusieurs familles. Une déchirure pour les orphelins, les nombreux blessés dont le pronostic vital est toujours engagé pour certains. Mais rien n’a été fait jusqu’ici. On est alors tenté de se poser la question si ces victimes sont des citoyens malgaches pour mériter une telle insensibilité ?

Devant une telle perte, la société malgache se distingue pourtant par ses valeurs ancestrales. En l’occurrence, accorder un minimum de dignité à la personne décédée et partager la souffrance de son départ. Ici, les morts se comptent par dizaine et le chef de l’Etat n’a jusqu’ici présenté officiellement ses condoléances aux familles des victimes. On s’attendait à un jour de deuil national en mémoire de ces personnes, parties pour fêter un mariage et qui ont été fauchées par le destin. Mais en réponse à ces attentes, l’Etat attribue la responsabilité à ceux qui transgressent les mesures prises en matière de circulation routière.

Irresponsabilité

Certes, lors de son déplacement à Addis-Abeba à l’occasion du 28ème sommet de l’Union Africaine, Hery Rajaonarimampianina, en a touché mot. D’un air accusateur, il a rejeté la faute aux individus qui outrepassent les réglementations en vigueur sur le Transport en commun. Selon lui, la négligence des propriétaires de véhicules vis-à-vis de leurs conducteurs a conduit à un tel désastre. «Malgré les mesures drastiques prises à l’endroit des transporteurs, le chauffeur du camion à Anjozorobe était en état d’ivresse et un tel véhicule n’est pas supposé transporter des passagers», esquive le Président et de rajouter «Devant ces faits, chacun doit prendre sa part de responsabilité, tant au niveau communautaire, ministériel et sécuritaire.

On ne le répétera jamais assez que l’exemple vient d’en haut. Présenter ses condoléances au nom de la Nation malgache c’est déjà assumer un minimum de responsabilité. Pourquoi le Président cherche-t-il toujours un bouc émissaire à chaque fois qu’un incident se produit dans le pays? Avec le délestage, il se dédouane en évoquant que les régimes précédents ont mis à sec les caisses de la Jirama et causé sa faillite. Le chef de l’Etat cherche éternellement à se déresponsabiliser alors qu’il est censé faire montre de ses compétences. De son côté, le président Honoré Rakotomanana suit le pas en affirmant que «Les lois sur le transport existent bel et bien mais on ne les applique pas». Qui sont censés faire respecter la loi? Les autorités ou les justiciables? Autant de questions qui démontrent les défaillances actuelles.

Même drame, même réaction

En dépit de ce véritable drame, d’autres n’hésitent pas à accabler la situation déjà pénible des familles des victimes. Certains vont jusqu’à dire que ces familles n’avaient qu’à ne pas emprunter ce camion pour aller se rendre à un mariage. Une accusation facile et grotesque tant que le cours du destin ne leur frappe pas. Joint au téléphone, un témoin à Anjozorobe précise pourtant qu’avec l’état des routes, quasi impraticable surtout durant la saison des pluies, le camion est le seul moyen de transport qui puisse accéder dans ces zones reculées. Avec les milliards de dollars contractés avec les bailleurs, les tenants du pouvoir pouvaient ainsi engager des travaux de réhabilitation de toutes les routes à Madagascar. Des mesures préventives pour la sécurité des biens mais surtout des personnes. Ce genre de tragédie n’est pas à son premier décompte macabre.

L’on se souvient du taxi-brousse qui a fait une sortie de route dans le district de Beroroha le 1er juin 2016. 31 personnes y ont laissées la vie et c’est l’ambassade des Etats-Unis qui a mis son drapeau en berne en mémoire des victimes. L’Etat ne s’est même pas manifesté. Le 29 avril 2016, 7 enfants sont morts et 33 grièvement blessés dans l’accident du bus scolaire de marque Sprinter à Mahitsy. En juillet de la même année, 38 personnes ont péri dans un accident routier à Ambatolava. Mais l’Etat n’a fait aucune réaction en signe de deuil.

En aucun cas, il ne s’agit d’ôter la responsabilité du conducteur, mais il est tout aussi coupable que toutes les entités concernées à savoir le propriétaire du véhicule, les agents de police de la route et le ministère du Transport qui représente l’Etat. Ce qui est déplorable, c’est le détachement total du pouvoir devant ces tragédies répétitives. Un chef d’Etat qui ne semble pas être concerné par la perte de ses semblables et qui s’empresse pourtant à adresser ses condoléances aux pays étrangers frappés par tout type de drame. A méditer…

La Rédaction

Aux dernières nouvelles, le chauffeur du camion dans l’accident d’Anjozorobe s’est présenté au parquet ce mardi. Placé sous bonne garde, le conducteur ainsi que le propriétaire sont placés sous mandat de dépôt.

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