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Flambée du prix du riz

Il y a-t-il un pilote dans l’avion?

La psychose s’est installée dans la capitale concernant une éventuelle pénurie de riz à cause de la sécheresse. En moins d’une semaine, le prix du kilo n’a cessé de grimper. Alors qu’il y a encore à peine 15 jours, le prix stagnait autour de 1500 ariary, mercredi dernier, le kilo du riz est passé à 1900 pour atteindre la barre fatidique de 2100 ariary ce samedi. En l’espace de trois jours, le prix du kilo a fortement augmenté. Ce qu’il faut souligner, c’est la réaction des Malgaches à céder à la panique et aux rumeurs. En effet, après les bruits comme quoi le riz viendra à manquer faute de pluie, les gens se sont rués pour acheter des sacs. Dans certains endroits de la Capitale, des personnes se sont bousculées dans les grossistes et autres épiceries pour s’approvisionner du précieux produit. Le problème réside du fait que le riz reste l’aliment de base des Malgaches. Au-delà de cette nécessité de premier ordre, le riz a une valeur culturelle indissociable au quotidien de chaque ménage. Se priver de cette denrée serait considéré comme une dégradation sociale. Une famille verrait mal l’idée de ne pas manger du riz trois fois par jour. Ce fait explique sans doute la vague de panique générale auprès des consommateurs. Il est important de mentionner que plus les Malgaches créent une situation de psychose, plus cette conjoncture jouera en leur défaveur. La loi de l’offre et de la demande étant, il serait judicieux pour le bénéfice de tous de ne pas inciter les opérateurs de riz à profiter de la situation. Hormis les répercussions sur les PPN, aucune raison valable ne justifie la hausse actuelle constatée. Si les conditions météo perdurent, l’impact sur les pluies tardives ne se fera sentir qu’en mois de mars.La population ne doit pas ainsi se laisser prendre au jeu facilement.

A qui profite cette flambée?

Par ailleurs, le comportement abusif des grossistes laisse à désirer. Il y a fort à parier que le prix de revient du riz vendu sur le marché reste inchangé. Mais voyant la psychose, ces revendeurs se sont empressés d’augmenter le tarif, histoire de grappiller quelques ariary en plus. La politique du gagne-petit passe avant tout. C’est là où le bât blesse. Cette marge se fait grandement sentir dans les portefeuilles des millions de Malgaches, ce qui n’empêche pas certains de tirer des bénéfices de cette déconvenue. Non seulement nous créons notre propre malheur mais ce sont nous, les Malgaches, qui paierons le prix fort. Au final, les étrangers ne sont nullement affectés par cette flambée du prix du riz. En outre, le ministère du Commerce est appelé à intervenir pour éviter toute spéculation. Avec la menace de pénurie, les grossistes appliquent souvent une rétention de stock de riz. Une pratique spéculative jugée illégale par rapport à la loi sur le commerce. Cependant, le ministère est dans l’indifférence totale. Il existe pourtant des autorités de régulation des prix. Il suffit que les commissaires chargés de la concurrence effectuent une descente inopinée pour avoir les détails sur les factures des grossistes. On saura ainsi si la hausse est justifiée, si le prix de gros est resté le même. Pour l’heure, le ministère du Commerce est invisible et laisse le champ libre aux grossistes. A qui profite ainsi la flambée du riz pour ne pas dire le crime? Telle une traînée de poudre, l’Etat laisse répandre les rumeurs, le prix augmente, ce qui entraîne une importation systématique de riz. L’on sait pourtant que l’importation de riz est réservée à un cercle restreint d’opérateurs fortunés.Depuis des années, les proches de Rivo Rakotovao étaient connus pour être de fins connaisseurs de la filière rizicole. Si l’on devait comparer le pays à un avion, on serait tenté de poser la question, il y a-t-il encore un pilote dans l’avion? Le pouvoir n’agit pas en conséquence pour stopper la montée en flèche du kilo du riz. Gouverner c’est prévoir dit-on, le régime actuel pouvait anticiper toute variation. La conjoncture actuelle est déjà assez critique pour affliger à la population un tel désagrément. Si l’Etat tarde à prendre les mesures nécessaires, Madagascar se dirige vers un crash imminent…A savoir une explosion sociale!

La Rédaction

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