Flash
Préc Suiv
Logo Free News

Lutte contre la corruption

Lutte contre la corruption

L’Etat ignore le pouvoir des médias

 

 

Le dernier rapport sur l’indice de perception de corruption (IPC)  publié par Transparency International  est une gifle pour le régime actuel. Classé 145ème sur les 176 pays, Madagascar perd 22 places s’il était classé 123ème sur 168 en 2015. Un résultat qui illustre les réalités actuelles. La corruption s’effectue à tous les niveaux à tel point que l’Etat en a fait un mode de gouvernance.

Dans tous les pays développés à l’exception de la Chine, les médias jouent un rôle- clé dans la démocratie en étant une contrebalance au pouvoir. Au-delà de son statut de 4ème pouvoir, la presse sous toutes ses formes contribue à veiller sur la bonne gouvernance et sert  de balise pour éviter les abus et autres dérives. De l’affaire de Watergate en passant par l’affaire Clear Stream ou le cas de Snowden, les investigations publiées par les médias ont révélé au grand jour des dossiers compromettants. Ce qui a poussé  des grands de ce monde à rendre des comptes en public voire à être poursuivis en justice. La corruption, surtout à grande échelle  fait partie de ces abus. Vice du millénaire, cette mauvaise pratique tend à se généraliser pour devenir  un fléau mondial. Elle gangrène surtout les pays en voie de développement et Madagascar ne fait pas figure d’exception. Durant son investiture il y a trois ans de cela, le Président Hery Rajaonarimampianina a prêté serment d’en venir à bout de la corruption. A l’heure actuelle, la corruption s’est amplifiée dans tous les domaines. Au sein des différents bureaux administratifs, on ne peut plus suivre la procédure  normale. Il faut recourir aux bakchichs pour espérer obtenir les paperasses. Que ce soit pour une copie de diplômes, un acte de naissance et même un simple certificat de résidence, il faut soudoyer les agents  en charge des documents. D’autres affichent ouvertement leurs intentions à l’exemple du District d’Isotry. Les responsables ne cachent plus leurs mauvaises pratiques. Ces derniers ont fixé une grille tarifaire pour tous les dossiers traités. Une somme qui varie entre 1 000 à 5 000 ariary selon l’urgence et le délai.

 

Tirer la sonnette d’alarme

 

En outre, la conversion biométrique du permis de conduire et de la carte grise fait parler plus d’un. Le délai étant fixé au 31 mars de cette année, beaucoup se plaignent de la corruption qui règne au sein du Centre Immatriculateur  d’ Ambohidahy. Selon certains plaignants, en majorité des étrangers, Il faut compter entre 150 000 et 200 000 ariary pour obtenir les fameuses cartes biométriques. Certes, il n’y a pas de corrompus sans corrupteurs. La corruption est avant tout l’affaire de tous. La politique de la mallette conduit à tous les abus comme le népotisme, le trafic d’influence et les intimidations etc. L’éducation civique, le sens de l’éthique et la responsabilité citoyenne sont à renforcer pour freiner cette mauvaise pratique. En tant qu’acteur pour le changement de comportement, la presse libre est un catalyseur qui devrait inciter les citoyens à prendre la bonne décision. De ce fait, toutes les entités étatiques se doivent de collaborer étroitement avec les médias pour une prise de responsabilité collective. En ce qui concerne le journal Free News, presque dans chaque numéro publié, nous dénonçons inlassablement des cas de corruption impliquant de hautes personnalités publiques. Des ministres, des conseillers spéciaux, des proches du pouvoir et même des membres de la famille du Président sont souvent cités dans des affaires louches. Au vu de la réaction du chef de l’Etat, les dossiers sont classés sans suite. Les organes de contrôle comme le Bianco et le Samifin interviennent rarement. Ce qui amène à dire que le régime ignore ou minimise le pouvoir des médias malgaches qui ne cessent de tirer la sonnette d’alarme en matière de corruption.

La Rédaction

Les commentaires sont fermées.