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Lundi noir

Lundi noir

A cause d’une fuite de responsabilité de Marc Ravalomanana

Lundi Noir (1)

Comme il fallait s’y attendre, la journée d’hier, un 26 janvier, qui a été qualifiée de « lundi noir » depuis les pillages à grande échelle en 2009, a ravivé les commentaires sur les prétendues exactions des partisans d’Andry Rajoelina. Ainsi, les activistes pro-Ravalomanana sur les réseaux sociaux n’ont pas manqué de tirer à boulets rouges sur le mouvement « Orange » et par la même occasion de rappeler « l’époque dorée » sous l’ancien régime du champion du yaourt.

Il existe néanmoins quelques points que certains semblent avoir oublié concernant ce fameux « lundi noir ». En effet, même ceux qui ont une courte mémoire doivent se souvenir que c’est Marc Ravalomanana lui-même qui avait ordonné aux forces de l’ordre de ne pas intervenir durant cette journée. Il avait même précisé que c’était « par stratégie » et afin d’éviter les affrontements. « Mieux vaut des dégâts matériels que des pertes en vies humaines », avait-il alors déclaré.

« Par stratégie » ?

 

Il n’y a pas à dire, comme » stratège », on aurait pu trouver mieux car malgré cette « stratégie », il y eut quand même 42 morts dans la capitale lors de cette journée de pillage.

Là où on veut en venir, c’est de faire apparaître les véritables responsabilités car il ne suffit pas d’accabler certains ou de présenter les autres comme étant le diable en personne.

Ainsi, si dès le début de cette journée, notamment après l’incendie de la RNM,  les forces de l’ordre avaient accompli leur mission principale qui est de protéger les biens et les personnes, est-ce qu’on serait arrivé à ces pillages et surtout à ces 42 morts ?  De l’avis des observateurs, le temps que les pilleurs avaient passé pour mettre à sac la MBS et le Magro de Tanjombato aurait dû permettre aux militaires de renforcer leurs effectifs dans les points stratégiques en centre-ville. Et il ne fallait pas être un grand stratège pour ensuite parvenir à mater les émeutiers, quel qu’ait été leur nombre. Assurément, le nombre de magasins pillés aurait été beaucoup moindre et l’effectif des victimes également car nul n’ignore que des pilleurs, qui ne sont motivés que par l’appât du gain, auraient vite fait de s’éparpiller face à des forces de l’ordre.

 

Ou par calcul politique ?

 

Et si la véritable stratégie était de laisser le champ libre aux pilleurs afin de pouvoir ensuite mettre tout sur le dos du leader du mouvement Orange ?  Faut-il le rappeler qu’à la différence des autres magasins victimes de ce « lundi noir », ceux de Marc Ravalomanana disposaient d’une assurance et certaines informations assurent même que ce dernier a déjà reçu les dédommagements afférents à la destruction de ses biens. Et même sans cela, cela n’est pas pour rien que ses affidés ont bataillé ferme pour qu’un tel dédommagement soit inscrit au sein de la feuille de route. Là, on peut véritablement parler de stratégie, voire de machiavélisme,  mais non pas en laissant une ville et une population à la merci de malfaiteurs durant toute une journée et une nuit. D’ailleurs, le fait de ne pas avoir donné l’ordre aux militaires de ne pas intervenir ne constitue-t-il pas une fuite de responsabilité, voire une démission ? Ce qui serait indigne d’un haut responsable.

Quoi qu’il en soit, si l’histoire ne se réécrit pas, les responsabilités, elles, peuvent être redéfinies et en ce qui concerne ce « lundi noir », Marc Ravalomanana n’est pas exempt de tout reproche, au contraire.

Randria

 

 

La journée du lundi 26 janvier 2009

 

Le 26 janvier 2009, l’Etat envoie des soldats  pour confisquer les émetteurs de la radio Viva. Mais le matin, les partisans de Andry Rajaoelina accourent à la place du 13 Mai. Arrivé à son tour, le maire ordonne à ses partisans de tenir meeting devant le tribunal Anosy pour obtenir la libération de trois étudiants inculpés dans une affaire de cocktail molotov et l’interruption du remblayage des rizières d’Andohatapenaka.

 A Anosy, la manifestation n’est pas maîtrisée. Des émeutiers s’en prennent aux locaux de la radio et de la télévision nationales, les pillent et les incendient.

Ces derniers empruntent ensuite  la route-digue et partent à l’assaut du remblayage

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