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Des graciés perpétuels

Des graciés perpétuels

Suite à la présentation de vœux de nouvel an à Iavoloha le chef de l’Etat a donc accordé une grâce présidentielle à l’endroit d’une partie des détenus. Une tradition que le régime a perpétuée. Et à la lecture du décret, il a été indiqué que les condamnés pour cause de corruption, de détournement de deniers publics, de blanchiment de capitaux, de trafic de bois précieux et d’autres ressources naturelles endémiques et rares, ainsi que les infractions prévues par le code minier ne sont pas concernés par cette grâce.

A priori, rien d’anormal jusque là. D’autant plus que les instruments juridiques internationaux ne prévoient ni amnistie, ni grâce pour des personnes impliquant dans de tels  agissements. Là où les interrogations semblent légitimes. Combien des condamnés pour corruption se trouvent au sens propre derrière les barreaux? Pareil pour les condamnés pour détournement de deniers publics, de blanchiment de capitaux, de trafic de bois précieux et d’autres ressources naturelles. Combien y en a-t-il de détenus et où est ce qu’ils sont emprisonnés ?

Rares sont les personnes impliquées dans ces affaires qui n’arrivent pas à s’évader de la maille des filets de la justice.  Les mauvaises langues disent d’ailleurs  que ceux qui tombent dans la nasse sont ceux qui n’ont pas à payer leur « participation », ceux qui ne connaissent pas des gens hauts placés ou encore ceux qui se croient  innocents.

Sinon comment expliquer cette réticence maladive de l’Etat à mettre en place la Chaîne spéciale de lutte contre le trafic de bois précieux. Et pourtant, le texte a été adopté en Conseil des ministres le 22 juin de l’année dernière. C’est aussi le cas de la Haute cour de justice qui est censée juger les infractions commises par les dirigeants étatiques. Espérons en  tout cas qu’ils ne seront pas graciés à perpétuité.

Jao Patricius

 

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