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Début damné

Le début de cette année 2017 n’est guère facile pour beaucoup. A l’exception de ceux qui vont prendre part à la ripaille du Nouvel an d’Iavoloha, laquelle s’apparente plutôt à la « Grande bouffe » des politiques pour la population. Et celle-ci aura bel et bien lieu malgré tout ce qui a été dit et le fait que le rendez-vous soit largement considéré comme indécent, dans un contexte où bon nombre de Malgaches triment dur chaque jour pour trouver de quoi se nourrir.

Et ils ne sont pas au bout de leurs peines, vu comment l’année a commencé, en l’occurrence avec la nouvelle augmentation des prix à la pompe. Il n’en fallait d’ailleurs pas plus pour que les transporteurs urbains brandissent de nouveau la menace de revoir les tarifs à la hausse. Evidemment, comme à chaque fois, il y a toujours, en prime, une histoire de subventions non payées et, comme à chaque fois, ce sont les usagers qui se retrouvent pris en otage et qui vont devoir payer pour les manquements de l’Etat.

Cet Etat qui, justement, prévoit de lester davantage les contribuables pour cette année en laissant la possibilité, aux Collectivités territoriales décentralisées (CTD), de percevoir des ressources. Et les responsables de la direction générale des impôts auront beau marteler que les nouvelles mesures fiscales stipulées dans la Loi de finances ne sont pas si nouvelles que cela, personne ne s’empêchera de constater que les charges fiscales s’alourdissent de plus en plus. Il y a des chances donc que les communes se mettent à exiger la « taxe de protection civile » liée à la possession de chiens ou autres animaux dangereux domestiqués et à la détention d’armes blanches, ainsi que la taxe sur l’eau et/ou l’électricité qui augure une nouvelle hausse des factures de la Jirama. Avec les délestages qui se poursuivent, même vivre dans l’obscurité devient décidément de plus en plus cher…

Ailleurs pourtant, l’année s’annonce sous de meilleurs auspices quand on sait par exemple qu’en France, la baisse d’impôts annoncée il y a de cela quelques semaines pour les ménages modestes et les classes moyennes, s’appliquera en principe dès ce mois de janvier. Le geste peut bien être qualifié de politique par les détracteurs de l’actuel chef de l’Etat français, mais il n’en demeure pas moins que c’est une bonne nouvelle pour environ cinq millions de contribuables.

En définitive, on pourra toujours avancer que la santé financière et économique de chaque pays est différente. Cela dit, Madagascar a aussi une autre particularité, du moins sous le régime actuel. Ceux qui ont le malheur de ne plus parvenir à supporter ces hausses et qui en dénoncent le caractère inique, intègrent automatiquement une autre catégorie de « contribuables » qui sont, eux… taxés d’opposants politiques.

N.R.

 




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