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Reflet – Senateur Berthin Randriamihaingo : « Les regards doivent se tourner vers l’avenir »

Géant du sport  automobile très connu et responsable de différentes disciplines sportives, opérateur économique depuis plusieurs années, Berthin Randriamihaingo incarne l’image  d’une personnalité aux multiples talents qui réussit là où il est. Sénateur de Madagascar du parti HVM, Il croit fermement en l’avenir de la Grande Ile et espère que le pays va devenir un géant dans cette partie Ouest de l’océan Indien. Interview.

*Les Nouvelles : Fraîchement élu Sénateur de Madagascar et membre très actif du parti au pouvoir, Berthin Randriamihaingo est-il un homme politique dans le sens plein du terme ?

-Berthin Randriamihaingo: Du moment où vous portez le manteau de Sénateur de Madagascar, vous êtes un homme politique. Par contre, je reste toujours cette personne très compétitive en matière de sport ainsi qu’homme d’affaires. Mon passé m’a aidé à avoir une vision claire des choses actuelles. Ce que je vis en ce moment n’est pas un mélange artistique de plusieurs talents et de trajectoire professionnelle, mais une complémentarité de certaines valeurs dans différents domaines professionnels. Quand vous êtes dans le sport, vous vous conformez aux règles, à la discipline. Vous êtes dans l’obligation de respecter votre capitaine et de lui rester fidèle. Vous respectez vos adversaires car vous n’avez pas d’ennemis. Quand l’esprit d’équipe vous anime, vous vous lancez dans un défi permanent. Dans le domaine économique, vous acceptez la concurrence et les normes.

*Quelquefois, vos collègues voient en vous un langage trop direct qui froisse…

-Il y a des moments où il faut crever l’abcès pour éviter la médiocrité et de tourner en rond. Il faut maintenant que nous trouvions la voie vers le développement. On a assez de cette situation de délabrement structurel. Le monde politique  et le cercle du pouvoir ont besoin d’une véritable mutation. On ne doit plus rester dans les verbes et les slogans. D’ailleurs, je suis très optimiste quand le Président de la République a pu convaincre la conférence des bailleurs de fonds et des investisseurs pour décrocher une promesse de 10 milliards d’Euros.

*Par contre, le régime n’est pas exempt de reproches…

-Je sais que la politique n’est pas une science exacte donc n’est pas du tout rationnelle. Par contre, chaque acteur politique doit avoir une certaine honnêteté intellectuelle et analyser les choses d’une manière objective. Si vous faites une rétrospective de l’histoire politique et socioéconomique de la Grande Ile depuis l’indépendance, la situation actuelle, qu’on l’accepte ou non, a hérité des situations de crises précédentes mal gérées et qui s’entassent pour devenir ce contexte socioéconomique actuel. Par contre, au nom du principe de la  continuité de l’Etat, nous endossons nos responsabilités et lançons le défi de redresser  la situation. Nos partenaires techniques et financiers ont constaté cette volonté politique qu’ils ont donné leur aval. Les problèmes ne se résolvent pas dans les guéguerres politiques ni dans la culture de la  haine, mais dans le rassemblement et dans un mouvement d’ensemble pour se tourner définitivement vers l’avenir.

*A votre avis, quels sont les principaux blocages qui nous empêchent d’atteindre le minima pour un décollage économique ?

-On peut répertorier des milliers de facteurs, mais le blocage fondamental est notre mentalité d’insulaire qui a tendance à nous replier sur nous-mêmes. Nous n’avons pas trop de contacts et d’échanges, il manque en nous d’horizon. Par ces carences, nous nous contentons de peu pour être qualifiés de «moramora». Le développement c’est le travail, le surpassement de soi-même, la bonne organisation,  la vision,  la création, la rénovation, la technologie nouvelle, la recherche. Au lieu de mettre en pratique la politique de notre géographie insulaire, nous nous chamaillons tout le temps et cela est très mauvais…

*Justement, l’isolationnisme  est au centre du débat depuis le Brexit et l’élection de Donald Trump. Quel impact cela pourrait avoir sur Madagascar ?

-Cet isolationnisme résulte de l’échec de la politique de globalisation…le monde sans frontière, le libre échange et la libre circulation. Le système globalisé empêche les petits pays de s’affirmer. Le déséquilibre en termes de développement ne fait que favoriser la domination des puissances. Pour des pays comme Madagascar, le système d’échange est encore fondé en grande partie sur le principe d’aide et d’assistance, les impacts sont  fortement amortis par ce système lui-même.

*Pour terminer, selon vous, le Président Rajaonarimampianina sera-t-il réélu en 2018 ?

-Je ne trouve pas d’obstacle majeur car le Président lui-même, le parti HVM et la plateforme politique qui le soutient auront encore exactement deux ans pour convaincre et séduire l’électorat.  Les succès des Sommets internationaux et la capacité du régime d’organiser une série  de rencontres sportives internationales sur  son sol sont déjà des frémissements non négligeables pour les opérations de séduction. La conférence des bailleurs de fonds et des investisseurs sont des atouts particuliers pour le démarrage des grands travaux d’infrastructure. L’année 2017 sera une année de réalisation des grands projets et de lancement des réformes. Les deux années à venir seront donc décisives…

Propos recueillis par J.P

 

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