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Chronique : indiscrétion, fausse note au concert des menteurs

Les bavards sont dangereux, en premier lieu pour eux si l’inclination à trop se répandre les conduit à débiter des choses qu’ils auraient trouvé avantage à taire. Dangereux aussi pour qui leur prête oreille, sous une apparence de sincérité derrière un langage du parler vrai, il leur arrive de prêcher le faux par calcul ou  piégés par leur propre défaut. De ce que l’on croit être un défaut il en est pourtant des talentueux qui parviennent à l’exploiter en atout s’accordant de plus en prime le droit de péremption sur la durée de validité d’une vérité : s’autorisant à combattre demain la position qu’ils défendent ce jour. Ils n’embarrassent d’aucune considération de valeur le mensonge, ils y baignent sans plus de souci qu’ils n’accordent à l’air qu’ils respirent. Comme en toute chose de bavards on en trouve de tous les acabits. Le prochain président des Etats-Unis constitue un prototype : doté de tous les aplombs, fort de sa réussite sociale, de l’apparence de bavard il en fait une arme à tranchants multiples, partenaires et adversaires s’en trouvent désarmés. L’échiquier des relations internationales est secoué, les grandes puissances sont suspendues à sa vérité de demain, d’autant plus que la manifestation d’un art sado-diplomatique montre du prolixe qui hier aimait à  répandre des révélations brutes de nudité, aujourd’hui un avare qui se plait à distiller des hypothèses emplies d’ambigüité. Outre on le soupçonne de ne pas trop chérir les impudents qui s’aventurent dans son pré carré, le Président du Congo fait les frais de la première dispense de ce message. Flatté par l’honneur fait par Monsieur Trump au Chef d’Etat Congolais un zélé du palais  médiatise l’invitation pour une rencontre entre les deux homologues, l’avion du Président n’a pas décollé de Brazzaville que l’entourage du prochainement Président des USA a porté un démenti quant à la tenue d’une rencontre officielle.

Dans le domaine des relations internationales il est de bon ton de mentir, mais il existe toutefois une gamme qui encadre des fausses notes la fausse justesse, et un bémol suffit à envoyer au ban de la communauté des puissants.

Léo Raz

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