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Reflet – Mode : les stylistes malgaches appréciés à l’étranger

Les artistes malgaches ont du talent à revendre, pas seulement dans le domaine de la musique ou du cinéma mais aussi et surtout, dans le monde de la mode. Si à Madagascar, le stylisme connait encore un problème de développement, à l’étranger quelques têtes brillent, comme le styliste Eric Raisina qui porte haut l’étendard de la Grande île. Il a reçu l’année dernière à Paris le prix du « New luxury awards », et continue de promouvoir la mode dans tous les quatre coins du monde. Actuellement, il est à Bangkok pour un défilé exceptionnel de haut standing. Cependant, il existe aussi d’autres noms qui commencent actuellement à imposer leur griffe à l’étranger, comme Mialy Seheno ou Marie-Laure Jaomatana. Actuellement au pays à l’occasion du Sommet de la Francophonie, elles nous dévoilent leur historique, signature et projets.

Mialy Seheno, une artiste à multiples facettes

* Les Nouvelles : Comment as-tu atterri dans ce monde de la mode ?

– Mialy Seheno : Par hasard !  Au fait, je suis toujours passionnée de peinture. L’impressionnisme m’a particulièrement intéressée. A l’âge de 13 ans, j’ai déjà effectué une exposition. Concernant la mode, depuis mon enfance, je n’ai jamais été satisfaite de notre couturière, alors je me suis dit pourquoi ne pas coudre moi-même mes robes. Depuis, l’amour de cet art a commencé à s’installer en moi. En 1997, j’ai créé et présenté une collection baptisée « Jabo look » qui m’a permis d’être repérée par

« Festimad » qui m’a ensuite emmenée à Lyon. Arrivée en France, j’ai choisi d’étudier la filière mode, stylisme et designer. Je n’ai jamais cessé d’exercer cet art et actuellement, j’ai ma propre boutique à Lyon.

* Qu’est-ce qui différencie ton style à celui des autres ?

– Au fait, comme presque tous les stylistes malgaches, nous travaillons sur des matières premières du pays, par exemple, du raphia, de la soie sauvage et même des tapis mohairs Cependant, je travaille davantage sur les découpes, les formes et la texture des tissus. Pour avoir un effet plus moderne et plus classe, je mélange ces matières premières malgaches avec d’autres tissus venus d’ailleurs. C’est ce qui définit mon style. Je mets aussi l’accent sur les accessoires. Aussi, à chaque défilé, j’essaie toujours de mettre des scénographies pour briser la monotonie. Ainsi, j’associe la mode

à la musique, parfois à la danse, comme celui que j’ai effectué dernièrement durant le Sommet de la Francophonie avec la chorégraphe Saroy qui n’est autre que ma sœur.

* Penses-tu revenir à la peinture ?

– Oui, effectivement ! Je voudrais actuellement retourner à mes premiers amours, c’est-à-dire, la peinture, sans délaisser le stylisme, bien sûr, mais en associant ces deux arts qui me tiennent à cœur. Je retourne régulièrement au pays, non seulement pour me ressourcer, mais aussi pour voir les artisans qui méritent d’être soutenus. J’ai vraiment besoin de cette ressource puisque je pense élargir mes tournées à l’international.

Jaomatana, où la broderie a une autre valeur

* Les Nouvelles : Quel a été ton déclic pour devenir styliste ?

Jaomatana : Au fait, je suis entourée de couturières. Ma mère en était une et mon grand frère est aussi un grand tailleur. Mais, après la mort de ma mère, quand j’avais 16 ans, je n’ai plus voulu pratiquer ce métier. Ensuite, à 30 ans, j’ai voulu coudre une petite robe pour ma fille, depuis la passion m’est revenue. J’ai commencé à créer des petites tenues, puis des accessoires. De fil en aiguille, je me suis mise à créer totalement une collection. Ainsi, j’ai enchaîné les défilés en dévoilant mes créations au public français.

* Comment reconnaître ta griffe ?

– J’adore la broderie malgache. J’en exporte même pour mes créations. Au fait, j’ai déjà pas mal de collections à base de ces tissus. D’abord la collection « Mille et une perles » où la broderie de perles de verre est mise en avant. Avec cette collection, j’ai habillé la miss Cameroun 2016. Il existe aussi la fameuse collection « Tsarasoa » avec la vraie broderie malgache avec sa technique spécifique. Et enfin, je viens de présenter cette année la collection

« Epurée » en n’utilisant que des tissus en Richelieu, une autre technique de la broderie malgache.

* Quel est donc le prochain projet de Jaomatana ?  

Je pense toujours promouvoir mes collections dans le monde entier. Ainsi, je continuerai à défiler dans plusieurs pays étrangers puisque je voudrai présenter autrement la beauté et la richesse de notre pays à travers ces broderies qui sont réalisées manuellement par des artisans malgaches. Par ailleurs, je voudrai aussi m’orienter vers le prêt-à-porter.

Page réalisée par Holy Danielle

 




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