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Reflet – Francophonie espace pour une élévation en partage

Les pays membres de l’Organisation Internationale de la Francophonie déclarent tous adhérer à la défense des mêmes valeurs. Ces valeurs représentent des idéaux vers lesquels tendre ensemble les efforts. La route est inégale, les écarts qui séparent des objectifs communs le niveau respectif du vécu et des pratiques dans chaque Etat, exigent de l’Organisation de moduler et de personnaliser en conséquence la coopération avec chacun des Etats. Parfois simple vœu pieux, cette démarche se heurte souvent à une mauvaise volonté de chefs d’Etat qui au-delà des déclarations fracassantes manifestent  forte hostilité à  toute implication d’autrui dans « leurs » affaires de mauvaise gouvernance sous prétexte d’une défense de la souveraineté nationale.

La francophonie offre toutefois une opportunité donnant à son organisation, l’O.I.F. vocation à valoriser un espace pour fusionner richesses individuelles et profits communs.

Avantages et handicaps d’une dispersion territoriale

L’O.I.F. en rapport à nombre d’organisations internationales étend son implantation sur des terres éparses situées sur tous les continents de la planète. Cet état présente la grande richesse de réunir en son sein une variété de cultures de toutes les origines. L’éloignement géographique ne favorise pas toujours un élan de voisinage semblable au dynamisme que cherchent à animer les organisations régionales. La construction d’une sorte d’union économique présente elle aussi des difficultés à sa réalisation, en se heurtant à des particularités individuelles et aux susceptibilités nationales d’ordre politique. Réaliser un marché commun de la francophonie constitue une utopie. Cependant l’appartenance à une organisation commune au sein de laquelle on cultive des valeurs en partage, crée nécessairement des liens qui permettent de tisser des passerelles propices à des échanges privilégiés entre deux ou plusieurs pays membres. Il n’est pas ainsi interdit d’imaginer des «trocs» fructueux entre des pays géographiquement éloignés, rapprochés par le sentiment d’une même appartenance à la francophonie, avec naturellement en prime une facilitation des échanges convenus par la pratique usuelle d’une langue en partage.

Les relations privilégiées ne se nouent d’elles-mêmes par la simple magie d’une appartenance à une même organisation que dans la mesure où un climat serein  s’installe afin de faciliter des considérations d’estime réciproque, objectif ambitieux indirect de l’O.I.F. qui engage ses membres à cultiver et défendre ensemble des valeurs communes. Pour le respect et la sauvegarde de ces valeurs l’engagement revient à chaque pays membre, la garde en demeure à l’O.I.F.

L’O.I.F gardienne de valeurs

Le terme «garde» ouvre parfois sur une ambigüité, qui prête à fondre le rôle de police dans celui de garant. Que l’on le veuille ou non, considération justifiée ou en simple séquelle de l’histoire, il n’est pas malsain de le rappeler, la langue française draine des flots de complexes contradictoires que l’OIF gagnerait à reconnaitre pour mieux dépasser les pesanteurs conséquentes. Chez le même locuteur cohabitent parfois fierté à maîtriser l’usage fonctionnel de la langue et culpabilité à l’utiliser de façon courante, chez un autre coexistent le sentiment de s’être débarrassé du passé et la persistance atavique de perception d’une domination qui ne l’est pas moins. Malgré ces fantômes qui hantent l’atmosphère, les partenaires ont réussi à se retrouver dans un projet commun formalisé par la création de l’O.I.F. La transformation réussie met l’Organisation dans la position de gardienne des valeurs et ainsi lui transmet surtout la charge d’entretenir le «feu sacré» pour la promotion des idées.

Limite du champ d’action

Une pluralité de peuples et donc de culture assure grande richesse à l’O.I.F. Cette diversité qui n’a de commun que la langue, dont la familiarisation avec les populations s’arrête souvent à une pratique par une minorité, constitue une fragilité, obligeant à limiter les interventions aux seules mesures d’accompagnement afin de se garder de froisser les susceptibilités. Cette prudence obligée explique la réserve de l’O.I.F à se mettre en second plan en rapport à la communauté internationale lorsqu’il s’agit d’adopter des sanctions à l’encontre d’un pays membre ayant fauté contre une valeur prônée par l’Organisation. Elle reprend vite rang de partenaire actif pour accompagner les efforts dès qu’apparait une conciliation autour d’une feuille de route pour enclencher le redémarrage des relations.

L’O.I.F. manifeste en cours normal une disposition à accompagner et à participer à des campagnes de sensibilisation autant qu’à contribuer à des initiatives destinées à promouvoir les valeurs communes par la tenue de sessions de formation dispensée pour en démocratiser prise de conscience et connaissance. Dans cet esprit l’O.I.F. étend le champ de ses interventions à l’accompagnement d’opérations entreprises pour l’amélioration de l’enseignement et des activités mises en chantier pour répandre une éducation citoyenne.

L’appartenance à l’O.I.F. en considération de toutes ces raisons présente des avantages pour servir le développement. Accueillir la tenue du Sommet peut servir la cause du pays : attirer les projecteurs sur soi et mettre en lumière force et faiblesse. A ce propos font objet de polémiques l’opportunité du moment et la manière de s’y prendre. En pareilles circonstances souvent les pauvres se font un dilemme quasi métaphysique : faut-il cacher la misère pour donner l’illusion d’un savoir gouverner, ou vaut-il mieux étaler la misère dans l’espoir de mobiliser des aides efficaces au risque de révéler ses incompétences et incapacités à gérer de façon autonome son propre développement.

Positiver l’occasion

Le temps des polémiques expire dès que sonne le début du Sommet. Rien n’est perdu rien n’est gagné. Il ne s’agit pas de faire bonne figure, l’essentiel repose à donner aux hôtes l’image que chacun pense devoir pour recueillir une sympathie en faveur du pays. Le pouvoir s’efforce évidemment d’éviter tout accroc afin de convaincre d’une bonne gouvernance et d’une maîtrise de l’ordre la communauté internationale présente sur les lieux, d’autres organisations locales à l’inverse expriment l’intention de manifester au regard de cette communauté leurs préoccupations tenant à la médiocrité des gouvernants dont les actions coupables grèvent grièvement dans le présent les conditions de vie de la population et hypothèquent lourdement le futur du pays. Les manifestations courent le risque d’une répression musclée, une brutalité de répression de son côté court celui d’un désaveu ou au moins de déclaration d’une hypocrite désolidarisation de la part des pairs témoins. Le schéma ne constitue pas une première, la stratégie consistant à pousser à la faute l’adversaire même au prix de sacrifice de «martyrs» qui s’ignoraient devoir l’être, produit certes les effets voulus dans l’immédiat qui n’ont toutefois aucune garantie à être pérennes et qui de plus n’ont pas fait preuve d’être bénéfiques pour le pays et pour la population. Dernière tentative à haute teneur de risque sûrement, mais peut-être du point de vue de certains, là se trouve la dernière chance pour stopper un délitement déjà aux conséquences catastrophiques.

Page réalisée par Léo Raz




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