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Maroantsetra : la population s’insurge contre les autorités

Maroantsetra  : la population s’insurge  contre les autorités

Les autorités étatiques de la ville de Maroantsetra  étaient sur le qui-vive hier. Une manifestation a en effet tourné au pillage du bureau du district.

Une affaire entre particuliers qui a vite tourné au vinaigre.  La localité de Maroantsetra a de nouveau  vécu un drame hier suite à une plainte portée par un opérateur économique à l’endroit d’un de ses collègues. L’affaire concerne deux personnalités, en l’occurrence un certain Eric Besoa et Rodrigue Mahavita. Eric a porté plainte contre Rodrigue car ce dernier n’arrivait pas à payer ses obligations en octroyant un chèque sans provision.

Selon les explications fournies par Eric Besoa, à travers une interview exclusive mise en ligne par sobika,  cette personnalité était l’un de ses salariés qui n’a pas réussi à régler ses engagements financiers. « Il m’a demandé un prêt en nature (produits agricoles) depuis l’année dernière, mais il ne m’a jamais payé. Le mois de juillet dernier, il m’a donné un chèque de quatre milliards de Fmg, et j’ai versé le chèque, mais il se trouve que le chèque n’est pas approvisionné. J’ai négocié avec lui mais il n’a pas honoré son engagement et j’ai dû porter l’affaire devant la police économique, et le reste c’est l’affaire de la justice », a-t-il expliqué. « Aujourd’hui je constate seulement que les partisans de Rodrigue saccagent le bureau du district », a-t-il déploré.

Absence de confiance

Plus d’une centaine de personnes se sont ruées au commissariat local ainsi qu’au bureau du Chef de district hier pour montrer leur solidarité envers Rodrigue Mahavita, qui est aussi un ancien maire de la localité d’Anjahana. La manifestation s’est en tout cas soldée par le saccage le bureau du représentant étatique. Les forces de l’ordre ont dû intervenir pour disperser la foule lors de ce cafouillage et le calme est revenu petit à petit dans l’après-midi.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que cette ville s’attaque à la représentation de l’autorité suite à des affaires impliquant la justice. En mars dernier, une révolte populaire s’est soldée par des actes de vandalisme contre le palais de justice. C’était suite à une affaire opposant un éleveur de boeuf placé sous mandat de dépôt à la population locale. A l’époque, une centaine d’individus se sont déchaînés sur le palais et ont également fracturé les portes pour chercher la personne incriminée.

Signe de tension permanente entre la population et les dirigeants, la représentation étatique semble souvent mise à l’index dans les collectivités décentralisées. L’absence de confiance entre les dirigeants et les citoyens font que chaque affaire devient une source de suspicion et la moindre étincelle tourne au drame. Le cas de Maroantsetra est significatif sur ce point.

 Rakoto

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