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Reflet – Lutte contre la pauvreté Le Pnud met le paquet dans la région Menabe

Reflet – Lutte contre la pauvreté  Le Pnud met le paquet dans la région Menabe

La relance économique du pays passe inéluctablement par le développement équitable et durable de ses régions. Mais un pays pauvre avec des régions miséreuses a toujours du mal à se développer. C’est pourquoi, depuis juin 2015, le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) appuie financièrement le projet « Planification du développement, secteur privé et emploi » (PDSPE). Le Menabe figure parmi les six régions bénéficiaires de ce projet qui court jusqu’en 2019.

Le Pnud et le Mep pour un développement durable

Une délégation conduite par la Représentante-résidente adjointe du Pnud à Madagascar, Marie Dimond, et l’équipe du ministère de l’Economie et de la planification (Mep), dirigée par son directeur de cabinet Honoré Folozara ont entrepris une descente sur terrain dans la région Menabe, la semaine dernière pour constater de visu l’avancement des travaux relatifs à la mise en œuvre du projet PDSE, dans les communes de Bemanonga et Marofandilia. A rappeler que ce programme a été élaboré par le Mep et dans ce sens fait régulièrement l’objet de suivi et d’évaluation par ce département.

Le PDSPE a pour objectifs de «contribuer à la lutte contre la pauvreté à Madagascar, concourir à l’atteinte des objectifs définis dans le Plan national de développement (PND) et, enfin, viser la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD)».

Il s’étend jusqu’en 2019. Le budget alloué pour l’exercice 2016 dans les six régions d’intervention du programme, à savoir Menabe, Vatoavy-Fitovinany, Analamanga, Atsimo-Andrefana, Androy et Atsimo-Atsinanana est de 1 448 350 dollars. Grâce à ce projet, les populations vulnérables pourront accéder aux opportunités de revenus et d’emplois, tout en améliorant leurs capacités de résilience. Sous cette optique, ils contribueront à une croissance inclusive pour un développement durable.

Des terrains fertilisés par des techniques modernes

Le village de Kirindy, dans la commune rurale de Marofandila se trouve à 60 km de Morondava. Il  a été choisi comme site pilote de l’agriculture de conservation en arachide, en niébé et en maïs. Avant la mise en œuvre du projet, la population locale ne pouvait pas travailler la terre à cause de son assèchement. «Grâce au projet, nous pouvons maintenant nous adonner à plusieurs activités agricoles. Nous n’avons plus de période morte et nos rendements ont considérablement augmenté depuis», a fait savoir le président de l’association «Tsy ho ahy Miara-dia», Sambo.

La culture d’arachide est la principale activité. Aujourd’hui, les paysans arrivent à produire 100 sacs d’arachides pour la vente avec 30 sacs de réserve, respectant les normes. Ils peuvent ainsi subvenir aux besoins du marché local tout en ayant une plus-value. Des opérateurs chinois sont même intéressés par les produits et envisagent d’acheter les arachides à un prix convenu entre les deux parties.

D’après le maire de la commune rurale de Marofandilia, Briezah Zazala, «les apports du Pnud et du ministère de l’Economie et de la planification (Mep), avec la collaboration de l’ONG Fanamby ont contribué à développer la commune et ses villages».

Les villageois ont également entrepris de faire de Kirindy un village communautaire. Un centre d’accueil est ouvert depuis deux mois à l’intention des touristes qui seront ensuite logés auprès de cinq familles du village. «Avec ce centre, notre village ne sera plus un lieu de passage, le temps d’une sieste, pour les touristes. Nous leur réservons un accueil chaleureux et leur proposons des activités dont ils se souviendront», a souligné une mère de famille s’occupant du centre d’accueil, Flo Helmine.

Le système « Cash for work » porte ses fruits

Le village d’Andranomena, dans la commune rurale de Bemanonga, district de Morondava figure également parmi les zones de mise œuvre du même projet. Les villageois ont bénéficié du système «cash for work» à travers des travaux communautaires effectués sous forme de haute intensité de main-d’œuvre (Himo). 100 personnes dont 60 femmes ont ainsi travaillé journellement au curage d’un canal d’irrigation de 5 km. Payés 5000 Ar par jour, dont 3000 affectés à la caisse de leur association, ils ont pu assainir 2 km de ce canal en 15 jours.

Le curage de ce canal a permis d’augmenter le rendement rizicole, mais également de pérenniser les activités liées à la riziculture sur les surfaces défrichées.

«Ces terrains ont été exploités comme champs d’arachides. Mais depuis août 2015 avec la mise en œuvre des travaux Himo, nous avons pu commencer à cultiver du riz en utilisant le système de riziculture irriguée. Le curage du canal nous est bénéfique et nous souhaitons la poursuite des travaux Himo. Le canal arrive aujourd’hui à irriguer 200 hectares de terrain contre 100 auparavant», a déclaré le secrétaire du «Kômity hoan’ny fampandrosoana ifotony» (KFI), Joseph Ralaisolo.

En effet, les 3 km de canal restants devront également faire l’objet de curage pour permettre d’augmenter davantage la productivité. Aujourd’hui, les riziculteurs enregistrent actuellement un rendement annuel de 600 tonnes, à raison de 300 tonnes par saison, avec une productivité de 1,5 tonne par hectare.

Le village d’Andranomena, tout comme celui de Kirindy dans la commune rurale de Marofandila fait partie des sites couverts par l’Aire protégée (AP) Menabe-Antimena. Tous les projets mis en œuvre dans l’AP Menabe-Antimena entrent dans le cadre de la gestion du réseau d’Aires protégées de ressources gérées, lesquelles jalonnent la fameuse «Allée des baobabs», site touristique faisant la renommée de Morondava.

Gouvernance locale, des villageois formés

«Le Pnud prend à cœur le développement communautaire. Le partenariat avec l’Etat malgache est très important dans cette mission. Nous allons soutenir les efforts déployés et je m’engage personnellement à superviser les actions afin que les objectifs soient atteints», a déclaré la représentante-résidente adjointe du Pnud, Marie Dimond.

Le projet PDSPE a permis de mettre en place un groupement villageois d’épargne communautaire (Gvec) au sein du fokontany de Bekonazy, dans la commune rurale de Bemanonga. Avec les fonds obtenus à travers la cotisation de 1000 ariary par membre, les adhérents au Gvec peuvent contracter des emprunts afin de subvenir à leurs besoins matériels ou personnels.

«Tous les villageois peuvent avoir recours au Gvec. Un emprunt de 5000 ariary est assorti d’un intérêt de 2500 ariary par mois», a expliqué la responsable du Gvec, Paulette Mitsinjo. Ainsi, les membres ont accès à un fonds de crédit pour investir dans les PPN, les cultures d’arachides et de riz, la pâtisserie, la coupe et couture, l’élevage de «poulet gasy», de chèvre ou de porc.

Toujours dans le cadre de l’approche intégrée de développement communautaire, un grenier communautaire villageois (GCV) a également été mis en place à Analaiva et Marofandila avec Louvain Coopération. Cette infrastructure sert de silo pour le riz aux fokontany, et permet également aux collecteurs de stocker leurs produits. «Nous apportons notre aide aux collecteurs afin qu’ils puissent évacuer leurs produits hors du marché local», a expliqué le coordinateur de l’ONG Louvain Coopération, Laza Rakotovao.

Le GCV est structuré dans deux communes. Il est accessible à tous les collecteurs moyennant un droit d’adhésion de 5000 ariary, une cotisation annuelle de 5000 ariary, et un droit de stockage de 20 ariary par kilo.

Pour une jeunesse émancipée

La population de Morondava est relativement jeune, avec une proportion de 40,1% de moins de 25 ans, selon les dernières statistiques. Cependant, selon un constat général, la majorité d’entre eux s’adonnent à des activités nuisant à leur développement physique, intellectuel et professionnel. Ainsi, afin d’orienter les jeunes et développer leur potentiel, la Maison des jeunes de Morondava a été bâtie. Ouverte depuis 2013, elle est appuyée techniquement et matériellement par le Pnud. Outre les matériels informatiques et de loisirs, ainsi que les infrastructures sportives, des formations sont également au programme.

Deux volontaires des Nations unies ont été mandatés à Morondava en vue d’une mobilisation sociale et culturelle, et afin de dispenser aux jeunes locaux des formations relatives à l’insertion professionnelle.

Evao témoigne

Evao est un jeune chorégraphe qui s’émancipe. «Depuis mon adhésion à la maison des jeunes, j’ai pu améliorer ma technique vocale. On met à ma disposition une salle et un ordinateur pour notre entrainement. Ainsi, je peux sensibiliser les jeunes à vaquer à d’autres occupations plus utiles», a-t-il souligné. A l’heure actuelle,  Evao et sa petite équipe de jeunes filles s’affairent à fignoler une chorégraphie en vue du défilé de la fête nationale.

Il faut savoir que le Pnud et le Bureau international du travail (BIT) appuient le projet relatif à la «Contribution à la réduction de la pauvreté par la promotion de l’emploi des jeunes» (Crepej) à Morondava et Belo-sur-mer. A travers la Crepej, 1000 jeunes ont été initiés au leadership. 200 d’entre eux ont leur business-plan et 100 autres ont bénéficié du lancement de leurs activités économiques.

Une réponse à "Reflet – Lutte contre la pauvreté Le Pnud met le paquet dans la région Menabe"

  1. Loubignac  27/05/2016 à 13:03

    Un pays si riche en sous sol ,agricole, et le plus aidé au monde par ONG meure de fain Chercher l erreur et demandez aux corrompus sans sentiments pourquoi !!!!!!

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