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Question de priorité

Question de priorité

Un autre sommet à mettre dans l’escarcelle du régime réputé globe-trotter : le sommet humanitaire mondial de Turquie. A priori, rien de bien méchant. Plus d’une cinquantaine de chefs d’Etat sont d’ailleurs présents à ce rendez-vous hautement symbolique parrainé par les Nations unies. L’objectif est d’ailleurs de viser à améliorer la manière globale de répondre aux crises humanitaires provoquées par les conflits et le réchauffement climatique. Voilà une réalité qui touche bien évidemment la Grande île qui peine à nourrir «dans les normes» ses citoyens. Il suffit de voir la réalité quotidienne des périphériques de la capitale ou encore celle de la population du Sud où le fameux «Kere» continue à faire rage.

Récemment lors de son passage au pays, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon a dressé, selon ses propres termes, un tableau alarmant dans le domaine humanitaire, en particulier dans la lutte contre la faim. «La nutrition ne consiste pas seulement à nourrir la population. Il faut aussi accorder toute l’attention nécessaire à la santé, à l’agriculture, à l’éducation, à l’autonomisation des femmes et à l’accès à l’eau», avait-il alors assené. Au niveau mondial, par ailleurs, avec environ 60 millions de déplacés et 125 millions de personnes ayant besoin d’assistance dans le monde, de nombreux acteurs du secteur, Etats, organisations non gouvernementales et entreprises, estiment que le système humanitaire actuel est à bout de souffle et a besoin d’être repensé d’urgence.

 Aussi, ne devrait-il donc pas y avoir de raison pour que Madagascar ne soit pas présent à cette réunion car le pays figure parmi les premiers concernés. Le «hic» c’est que, cela ne nécessite pas forcément la présence du Chef de l’Etat, et cela pour de multiples raisons. Primo, il revient d’un déplacement de quelques jours à Singapour dont l’objet continue encore à faire polémique dans le pays. Car, au-delà des mots censés rassurer l’opinion, les analystes estiment encore qu’il existe des non-dits lors de ce déplacement. Secundo, juste après Singapour, ne serait-ce que pour soigner l’image d’un élu qui se préoccupe de ses électeurs, n’aurait-il pas été préférable de voir de près la situation de la population au moment où l’hiver pointe déjà son nez ? Tertio, après des rumeurs de coup d’Etat qui ont été mises en avant à coups de communication outrancière, les défis à relever restent multiples dans le pays. Face à la grogne sociale qui monte en flèche à travers des revendications syndicales, il serait peut-être digne de rester au pays, du moins pour le moment. D’autant qu’en matière de sommet, il en reste encore une brochette dans le courant de cette année.

Haja R.

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