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Ankorondrano : la CCIA expulse Tiko

Ankorondrano  : la CCIA expulse Tiko

Bien que la Chambre de commerce et d’industrie d’Antananarivo (CCIA) ait déjà résilié le contrat de bail avec la société Tiko Oil après constatation de loyers impayés, cette dernière a tenté un forcing en réhabilitant les lieux. Des agissements qui ont contraint la CCIA à procéder à l’expulsion des anciens locataires du terrain à Ankorondrano.

Depuis la semaine dernière, les candidatures ont afflué à Ankorondrano, ex-Magro, et cela jusqu’à hier encore, en réponse à l’appel d’offre d’emplois des responsables de la société Tiko. Hier, les postulants ont dû faire face au barrage des forces de l’ordre qui les ont empêchés d’entrer sur les lieux. En effet, la CCIA a fait appel à un huissier de justice pour constater de visu l’occupation du terrain qui n’a toujours pas été régularisée par l’ancien locataire, en l’occurrence Tiko Oil Products SA.

L’application de la décision de justice du 21 mars 2011 est irrévocable. «La société Tiko Oil a été notifiée de cet arrêt le 10 juin 2011», a indiqué l’huissier de justice, Me Alain Rakotonirina, hier à Ankorondrano. «Nous sommes contraints de prendre cette décision après constatation de l’inaction des principaux responsables qui ne régularisent pas la situation de la société», a-t-il ajouté. Un communiqué de la CCIA précise en effet que non seulement la justice a annoncé la résiliation du contrat de bail emphytéotique, mais elle condamne également la société à payer à la CCIA la somme de 22.080.000 ariary à titre d’arriérés de loyer au titre de l’année 2009, et à payer la somme de 10.000.000 ariary à titre de dommages et intérêts. Une somme qui a par la suite été réévaluée à 15.000.000 ariary. A cela s’ajoute l’exécution provisoire de son expulsion du terrain.

Cependant, la société Tiko semble avoir fait fi de cette décision et a procédé à la réhabilitation des lieux après les évènements de 2009, en érigeant une clôture de l’enceinte, ainsi qu’un portail sans aucune concertation avec le propriétaire des lieux. Une situation constatée par l’huissier depuis le 12 octobre de l’année dernière jusqu’à hier encore. Ce qui a contraint la CCIA à procéder à son expulsion des lieux.

Négociations sous conditions

Mais les négociations semblent à présent reprendre puisque, selon toujours le communiqué de la CCIA, «La société Magro a procédé au paiement des arriérés de loyer de 2009 d’un montant de 22 080 000 ariary, le 26 avril dernier, et réitéré sa demande de rétablissement du contrat de bail, ainsi que son accord pour renégocier le loyer », cela au nom de la réconciliation nationale. La CCIA impose ainsi ses conditions, car n’acceptera d’ouvrir les discussions qu’à condition que la société «paie au préalable les dommages et intérêts et évacue les lieux».

Ce qui fut le cas puisque la société a procédé à l’emballage des matériels déjà déballés après l’arrivée de l’huissier de justice. «Normalement la société Tiko devrait pouvoir rouvrir ses portes bientôt, particulièrement le Magro», a indiqué une responsable auprès de Tiko, Esther Rakotoarimanana. D’après elle, la feuille de route est devenue loi et ses clauses devraient de ce fait être respectées. L’article 26 du document stipule que «Toute personne victime des évènements politiques entre 2002 et la date de signature de la présente feuille de route qui aurait subi des préjudices de quelque nature que ce soit aura droit à une réparation et/ou indemnisation par l’Etat…». Pour le premier responsable de Tiko, cela signifie la restitution de ses biens, notamment la reprise du contrat de bail.

Haja R.

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