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Développement rural : vers le renforcement du capital humain

Développement rural : vers le renforcement du capital humain

Outre le maque d’infrastructures et de services de proximité, le capital humain exerçant en milieu rural pour appuyer les exploitants agricoles est peu nombreux voire inexistant. C’est pourtant un facteur qui entrave l’augmentation de la productivité alors que la demande des consommateurs s’accroît.

Un programme mis en œuvre par le gouvernement malgache et le Fonds international de développement agricole (Fida) va dans le sens du renforcement du capital humain. En effet, le programme de formation professionnelle et d’amélioration de la productivité agricole (Formaprod) vise à valoriser les métiers de l’agriculture par la formation agricole qualifiante des jeunes générations en vue d’augmenter significativement la productivité des exploitations agricoles familiales (EAF). Au-delà du ciblage des jeunes, une des caractéristiques innovantes de Formaprod consiste à intégrer formation, appui technique et financier dans un enchainement débutant par la formation, se poursuivant via les projets professionnels des personnes formées par la production et aboutissant à la commercialisation.

«Si l’objectif de 100.000 jeunes formés par Formaprod est important, il ne représente qu’une infime partie au regard du nombre de jeunes (près de 300 mille, ndlr) qui arrivent chaque année sur le marché de l’emploi et la demande en formation importante». C’est ce qu’a évoqué hier Ghachem Kadari, chargé de programme du Fida à Madagascar.

Pour contribuer à la redynamisation du monde rural, ainsi que pour pallier en même temps l’exode rural, le ministère auprès de la Présidence en charge de l’Agriculture et de l’élevage (MPAE), tutelle du programme de formation professionnelle et d’amélioration de la productivité agricole (Formaprod) appuyé par le Fonds international de développement agricole (Fida), a fait appel à l’Ecole professionnelle supérieure agricole (Espa) de Bevalala pour former 70 techniciens de l’élevage du ministère.

Ces agents qui deviendront des techniciens supérieurs après leur formation de 16 mois, interviendront au niveau des districts pour apporter leur expertise aux paysans producteurs et assurer les conseils et l’appui des producteurs et éleveurs. La rentrée officielle de la formation de la première vague pour ces techniciens a eu lieu au CFP/Espa à Bevalala, hier.

Poursuivre les investissements

En effet, d’après le Père Jacques Manantsoa, directeur  de l’Ecole professionnelle supérieure agricole (Epsa) de Bevalala, «Le hic dans la formation professionnelle à Madagascar c’est sa cherté, notamment dans la fourniture des matériels, des infrastructures et surtout des ressources humaines pour rendre efficiente la formation».

En fait, l’Etat malgache n’arrive pas à réaliser la politique de développement agricole. Rivo Rakotovao, ministre d’Etat auprès de la Présidence chargé de l’Agriculture et de l’élevage, a souligné que «le secteur agricole représente une charge importante dans le Trésor public».

Sur ce point, Ghachem Kadari, chargé de programme du Fida à Madagascar, a souligné que «Malgré le démarrage difficile, vous connaissez bien la conjoncture actuelle du pays et la multiplicité des intervenants au niveau institutionnel, des efforts importants ont été faits, des améliorations sont en cours… Mais beaucoup reste à faire et il faut accélérer le rythme. Et c’est cela le vrai challenge aujourd’hui de Formaprod et de toutes les institutions de formation». Mais pour cela, il est également impératif à la fois pour le gouvernement et ses partenaires de poursuivre les investissements en mobilisant les financements nécessaires.

Arh.

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