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Secteur extractif : difficulté de Madagascar à rejoindre l’EITI

En 2014, Madagascar réintègre l’Initiative pour la transparence des industries extractives (EITI), une organisation mondiale qui fixe les règles de transparence dans les secteurs minier, gazier et pétrolier. Le pays était suspendu du processus depuis la crise de 2009. Mais jusqu’à l’heure actuelle, l’adhésion demeure incertaine malgré la publication continue des rapports de réconciliation.

En effet, être validé « Pays conforme » à l’EITI reste le prochain défi à relever par l’Etat malgache. Ce processus de validation consiste à passer en revue l’ensemble du processus EITI du pays et à vérifier si les sept exigences de la norme ont été respectées dans leur intégralité. Le passage de Madagascar du statut de « Pays candidat » à celui de « Pays conforme » demeure un challenge pour aboutir à la gestion durable et transparente de ses ressources minières et pétrolières. Même si les conditions de l’EITI n’ont pas exigé la publication de l’utilisation des recettes et taxes minières et pétrolières pour les industries extractives, Madagascar s’est engagé à le faire.

Si l’économie minière malgache n’en est qu’à ses prémices, la mise en œuvre de la transparence au sein du secteur extractif figure parmi les attentes les plus soutenues de la population malgache pour que les retombées aussi bien des grands projets que des exploitations artisanales puissent réellement profiter aux communautés.

Bien que l’application de la norme EITI relève d’un engagement de l’Etat, la mise en œuvre proprement dite des activités requises par la norme piétine. L’engagement réel et ferme de la part de l’Etat n’est pas donné, et ce malgré une bonne intention affichée et accouchée aussi comme une obligation dans le projet de Code minier. Il semble qu’une adhésion et une application ferme de l’EITI gênent et empêchent les pratiques juteuses de corruption et de chantage dans ce secteur qui s’impose pourtant comme stratégique pour l’économie du pays. Certains membres de la société civile s’adonnent même à des jeux populistes qui n’aident pas au réalisme mais servent bien le jeu des politiciens.

James R.

 

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