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Une levée de boucliers

Une levée de boucliers

La quête de la stabilité ne justifie pas tout acte « délibéré » à l’encontre du principe universel de la République. Séparer le bon grain de l’ivraie ne constitue en aucun cas un motif de répression, d’ignorance et d’inertie, rendant davantage la situation complexe et compliquée, tendue et alarmante. Quand une personne vous critique, on pourrait prendre cela comme une animosité personnelle, mais quand tout le monde vous pointe du doigt et vous interpelle, peut-être qu’il est raisonnable d’être à l’écoute, au lieu de se livrer à une guerre picrocholine.

D’un côté l’Etat et de l’autre les syndicats soutenus par les politiques… entretemps et d’une manière significative les organisations de la société civile et les groupements économiques haussent également le ton et accablent le régime sans complaisance sur beaucoup de choses. Madagascar vit dans une telle situation en ce moment. Des discussions, des dialogues et des processus de réconciliation ont été au menu depuis 2009. On dit souvent qu’il n’y a rien que l’on ne pourra régler par le dialogue, mais sept ans après, les combats politiques s’intensifient et la lutte syndicale entre dans la mêlée.

Comme si le retour à l’ordre constitutionnel reconnu et appuyé par la communauté internationale est un passe-droit du pouvoir d’instaurer des zones interdites au détriment des droits de l’homme, notamment sa liberté d’expression. Dans toutes revendications syndicales et manifestations populaires, les politiques ne sont jamais loin et n’hésitent pas à se rallier avec  les contestataires au nom de la liberté d’opinion. C’est un fait avec lequel le pouvoir doit gouverner jusqu’en 2018.

Certes, il est tout à fait normal que le régime Rajaonarimampianina se méfie de ses adversaires politiques  surtout en ce moment et entreprend tout pour tirer son épingle du jeu en vue de 2018. Mais damer le pion aux politiques ne signifie pas river son clou au syndicat. Régler, une bonne foi pour toutes les syndicats à travers un dialogue franc et gagnant-gagnant, ne serait-il pas le meilleur plan pour faire taire les politiques et pourquoi pas une autre stratégie de redorer le blason du régime.

Madagascar est encore loin d’un dialogue inclusif prôné par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon. Le régime en place, les opposants en face en coalition avec les syndicats en grogne et la société civile indignée sont maintenant sur le devant de la scène de l’échiquier politique malgache. Au milieu de tout cela, se dressent les forces de l’ordre, les alliés chouchoutés et incontournables de la République, prêtes à intervenir à tout moment pour un soi-disant apaisement en plein agissement.

J.R.

 

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