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Vent de contestation

Vent de contestation

Dire le contraire et s’acharner à nier la réalité en prétendant que Madagascar, son économie, son peuple et surtout sa politique ne sont pas mal en point, relève de l’état d’esprit d’une personne bornée, fanatique. Certes, redresser le pays n’est pas chose facile, cela demande parfois des sacrifices et surtout de la compréhension de la part de tout un chacun, disent trop souvent les dirigeants, les gens haut placés en charge de mener le pays vers le développement et la prospérité. Et ce n’est pas faux, seulement de l’eau a coulé sous les ponts.

Les dirigeants s’enrichissent, mais le peuple s’appauvrit. Récemment, l’Assemblée nationale vient de bénéficier d’une rallonge de budget qui se chiffre en milliard d’ariary alors que de l’autre côté de la rampe, plus d’un – notamment les syndicats – se sent laisser pour compte. «On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps», disait Abraham Lincoln.

Après quelques mois de répit, les mouvements de grève repartent de plus belle au pays. Partout, il y a comme un vent de contestation, de revendication, de condamnation, et d’interpellation. Signe qu’il y a vraiment péril en la demeure. Une aubaine pour les opposants de tirer à boulets rouges sur l’Etat et de réitérer leurs revendications politiques, et ce tout en incitant les grévistes à y faire face.

Le ton monte et la tension s’envenime. Le limogeage du gouvernement Mahafaly est maintenant réclamé par l’«Afo Sendikaly». Ce dernier menace même de bloquer la machine administrative si… Alors qu’au début, les revendications se résumaient en quelques mots : indemnités, avantages et réintégration. Au lieu de régler le problème entre les syndicats et l’Etat, de trouver des solutions d’apaisement, paradoxalement ce dernier aime à jouer avec le feu tout en faisant la sourde oreille.

Le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple est juste un principe de démagogie. A moins de deux ans de l’élection présidentielle, voir une vive manifestation des habitants des quartiers, qui en ont ras-le-bol du délestage ne présage rien de bon pour ce régime. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon a parlé d’une situation alarmante en matière de malnutrition à Madagascar. Mais face à ce vent de contestation sans réponse claire des dirigeants, l’opinion publique craint une nouvelle crise politique.

J.R.

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