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Un dépotoir… national

Un dépotoir… national

Un député impliqué dans le trafic de cannabis ? Il n’y a rien d’alarmant ou d’étonnant à cela. L’on a déjà vu un député émetteur de chèques sans provision qui reste malgré tout encore dans la haute sphère politique du pays, un député faux-monnayeur qui a malheureusement disparu de la circulation, un député accusé de viol et beaucoup d’autres qui s’affichent bagarreurs siégeant encore à Tsimbazaza, sans parler de ceux dont les noms sont cités à maintes reprises dans le trafic des bois de rose. Et la liste est loin d’être exhaustive.

L’Assemblée a toujours été un dépotoir… national où l’on peut retrouver tous les malfaiteurs de tout bord : des brigands, des fainéants, des trafiquants, des illettrés, ainsi que d’autres gens qui, heureusement ne sont pas si mauvais que cela. Néanmoins, cette institution risquera toujours de l’être car aucun critère de moralité, ni de bonne conduite ne se pose aux prétendants au poste de parlementaire. Tout le monde peut postuler, du moment qu’il remplisse les conditions générales d’éligibilité. Ainsi, l’on se bouscule au portillon pour pouvoir bénéficier de ce que l’on appelle immunité parlementaire.

Si la question législation passe souvent au second plan, pour ne pas dire la dernière des préoccupations de certains parlementaires, c’est parce que leurs intérêts sont ailleurs. Depuis l’avènement du régime Rajaonarimampianina, nombreuses lois promulguées par les députés ont été jugées non conformes à la Constitution par la Haute cour constitutionnelle. Certes, l’intégrité et l’indépendance de cette dernière peuvent être remises en cause dans certains cas, toutefois, de vrais législateurs comme les députés devraient l’être ne devraient pas se faire avoir comme… un bleu.

Si à chaque nouvelle session parlementaire, la question d’attribution de voitures tout-terrain aux députés revient ainsi toujours sur la table des discussions de l’Hémicycle, en dépit des critiques de toutes parts sur le sujet, c’est parce que cela concerne leurs propres intérêts. Si par contre, les propositions de loi de Finances par le gouvernement passent souvent comme une lettre à la poste, c’est parce que les députés s’y intéressent peu, pour ne pas dire qu’ils ne s’y connaissent même pas. Pareillement pour les autres textes jugés importants pour l’organisation de la société.

Enfin, si cela ne tient qu’à certains spécialistes en la matière, l’Assemblée nationale aurait déjà voté la loi sur la légalisation de la consommation de cannabis sur le sol malgache, aboli les textes interdisant la pratique de la contrefaçon de monnaie, autorisé le viol comme le mariage pour tous, libéré le trafic des bois de rose et d’autres ressources naturelles du pays… C’était comme ils avaient proposé, à l’époque, la libéralisation de la commercialisation de l’alcool prohibé d’Ambositra, communément appelé « Toaka gasy ». A l’image du pays, à l’Assemblée nationale, beaucoup de choses ne tournent pas rond.

Vonjy M.

 

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