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Journée nationale de la grève !

Journée nationale de la grève !

Quand le 1er mai ou la journée mondiale des travailleurs approche, partout dans le monde, les syndicats issus des différentes entités préparent en grande pompe l’événement. A l’étranger, plus précisément dans les pays développés, d’importantes manifestations publiques ayant obtenu d’office l’autorisation officielle sont déjà au programme. C’est en quelque sorte l’unique moment dans l’année où les travailleurs du monde entier, issus des cinq continents seront à l’unisson pour dénoncer les entraves aux droits syndicaux, les exactions commises à l’encontre des travailleurs, ainsi et surtout pour revendiquer encore une fois leurs droits.

A quelques jours du 1er mai, la déclaration officielle de la Fédération syndicale mondiale (FSML) est déjà publiée sur la toile. Elle invite tout le monde à construire des syndicats forts, orientés sur une base de classe qui sont de masse, démocratiques et militants. Soit-dit en passant, Madagascar fait partie des 126 pays membres de cette organisation regroupant 120 millions de personnes. Et comme tous les autres syndicats du monde entier, les «forces ouvrières» malgaches comptent également marquer d’une pierre blanche à travers un rassemblement public ce dimanche 1er mai 2016.

L’«Afo sendikaly», traduit librement par «le flambeau syndical» qui est une plateforme regroupant 60 syndicats au niveau national, a déjà annoncé la tenue d’une manifestation à Ambohijatovo, communément appelé depuis quelques années «place de la Démocratie». Mais cette journée tant attendue et qui arrive à point nommé, au moment où les manifestations syndicales dans le pays redoublent de tension, est déjà tombée à l’eau. Pour aller à la place de la démocratie en tant que mouvement syndical, il faut une autorisation non pas de la Commune urbaine d’Antananarivo, mais de la préfecture de police, mais vu le contexte actuel, les responsables ont décrété que toute manifestation publique est interdite jusqu’à nouvel ordre. Ambohijantovo n’est pas libre.

Apparemment, l’Etat ne fait pas de distinction entre parti politique et syndicat, d’autant que des fois, les deux se rallient, se dressent contre le régime et sont à l’origine de la chute d’une république. Comme si les dirigeants s’attendaient à une journée nationale de grève ou, pire, un début de révolte populaire à partir de cette manifestation de dimanche. Depuis le début de cette semaine, les manifestations de quartier, de la population, le ras-le-bol de la coupure d’eau, du délestage se suivent et se ressemblent. Des mécontentements généralisés qui risquent d’attiser d’avantage les tensions et pourraient entrainer des troubles dans le pays à l’occasion de la célébration du 1er mai. Par crainte d’éventuels débordements, l’Etat n’a pas hésité à fermer la place de la démocratie.

J.R.

 

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