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Souveraineté de l’Etat : critique de la gouvernance de l’Etat

Souveraineté de l’Etat : critique de la gouvernance de l’Etat

Les déclarations de Michel Barré, directeur général d’Orange Madagascar, sur l’état de la corruption à Madagascar, rapportées notamment dans nos colonnes samedi dernier ont suscité plusieurs commentaires.

A travers ses propos, Michel Barré a jeté l’opprobre sur l’ensemble des autorités, «…Orange Madagascar a toujours refusé de payer la commission de plusieurs millions d’euros qui lui a été demandé par les autorités pour obtenir des conditions favorables dans le cadre du renouvellement de sa licence», a-t-il souligné. En fait, d’après lui, la corruption touche tous les secteurs de l’administration (sécurité, justice, douanes, impôts) et de l’économie, y compris les télécommunications.

La réplique ne s’est pas fait attendre, entre autres du côté du gouvernement. Narson Rafidimanana, ministre auprès de la Présidence chargé des Projets présidentiels, de l’aménagement du territoire et de l’équipement (Mepate) est sorti de ses gonds. «Chacun peut dire ce qu’il veut, nous sommes dans un pays démocratique. Ils ont le droit de s’exprimer, mais attention, il ne faut pas dire de fausses vérités. Car qui dit corruption dit corrupteur. Il ne faut pas polémiquer», a bien précisé le ministre. Et lui d’ajouter qu’«On doit faire des efforts en matière de bonne gouvernance dans ce pays, et ce à commencer par nous-mêmes. Le président de la République, Hery Rajaonarimampiana élu par le peuple, nous a choisis après pour remplir cette mission. Rome ne s’est pas faite en un jour. On doit continuer les efforts entrepris depuis deux ans. Et l’on va y arriver».

Gêne et inquiétude

Certes, Madagascar est un pays respectant le droit à la parole. Michel Barré comme tout directeur général d’une multinationale, a le droit de s’exprimer, comme le confirme Longin Rakotoarivelo, directeur général de l’Autorité de régulation des technologies de communication (Artec) qui estime que «Tout un chacun est libre d’exprimer ses impressions sur la situation à Madagascar. Il revient ensuite aux concernés de prendre les mesures y afférentes. Mais en tant qu’autorité de régulation du secteur des télécommunications à Madagascar, nous sommes encore en pleines discussions sur ce sujet actuellement».

Cela dit, de tels propos gênent, sinon inquiètent plus d’un dont la communauté des affaires, en particulier les opérateurs français, présente au pays qui s’est toujours abstenue de s’exprimer ainsi sur un sujet qui relève de la gouvernance étatique et de l’administration des affaires publiques. D’aucuns estiment même que la ligne rouge que ne doivent pas franchir des invités opérant dans le pays, a été dépassée dans la mesure où, pour rappel, le directeur général d’Orange Madagascar avait même lancé dans ses commentaires que «…l’un des dirigeants du côté des autorités a vu son patrimoine immobilier augmenter de façon significative au cours des deux dernières années. Soit beaucoup plus que son prédécesseur qui n’avait bénéficié qu’une 4×4 haut de gamme de marque allemande à prix imbattable».

Qu’est-ce qui a donc motivé Michel Barré à tenir ces propos ? Les affaires vont-elles si mal jusqu’à accuser les autres de corruption, et pointer du doigt le gouvernement dont la plupart des membres ont été reconduits ?

En tout cas, pour Narson Rafidimanana, il ne faut pas dénigrer pour dénigrer car «La corruption est un fléau planétaire». Pour dire que Madagascar n’est pas le seul pays à mener une lutte féroce en la matière. «Je ne connais pas le dossier de cet opérateur en question, mais dans le business je pense qu’il y a toujours des gens qui se sentent lésés par rapport aux autres. Et je dirai même que c’est la loi du business. J’étais là-dedans auparavant et il faut dire qu’on n’a pas le droit de dénigrer les autres pour la simple raison qu’on se sente lésé. Je pense qu’on doit avancer. Et nous de notre côté, on doit montrer l’exemple, on doit vraiment faire les efforts nécessaires pour éradiquer petit à petit la corruption».

Haja R.

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