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La trilogie de notre perdition

La trilogie de notre perdition

La circulation commence certes à redevenir fluide ou presque dans la capitale, les routes sont en partie réhabilitées et l’amoncellement des ordures a disparu. Mais la galère des Malgaches reprend quand même son cours après quelques mois de répit, car le délestage est de retour, les coupures d’eau aussi. L’eau est en effet la source de la vie et la lumière, ou l’électricité, son illumination. Sans ces deux éléments essentiels, rien ne va.

L’on a déjà parlé des éventuelles conséquences fatales d’un black-out en permanence ou presque sur l’économie. Ses impacts sur les entreprises implantées dans le pays ne devront pas être minimes vu que cela a tendance à se prolonger et à se répéter dans certains quartiers. Les risques de fuite des investissements faute d’une structure rassurante en matière d’énergie ne sont pas à écarter. Tout cela peut, en somme, alourdir la situation déjà difficile à cause de l’insuffisance d’emplois et le manque d’offres auxquels les citoyens sont confrontés.

Mais avons-nous réalisé, l’état dans lequel pourrait vivre la population et survivre la société sans l’eau du robinet que l’on paie pourtant déjà très cher à l’Etat ? Déjà, les statistiques officielles, bien qu’elles aient toujours été douteuses, font état d’un faible taux d’accès à l’hygiène, à l’eau potable et à l’assainissement dans l’ensemble du pays. Avec les coupures fréquentes d’eau et les difficultés de certains quartiers à s’en approvisionner dans la journée, la probabilité d’aggravation de la situation sera très grande, les conséquences également.

Toutefois, l’électricité et l’eau ne sont pas les seules préoccupations des Malgaches et de chaque famille. Tous les jours, la plupart d’entre nous doutons, entre autres de la sécurité, de la hausse des prix des produits de première nécessité, de l’avenir de nos progénitures… Tout en sachant pourtant qu’il n’y aura pas d’avenir possible pour la génération future et qu’il n’y aura jamais de sérénité ou de sécurité dans le système où l’on se trouve actuellement et que l’inflation continuera toujours à nous laminer, sur tous les plans.

Dans le cas malgache actuel, le désespoir prend le dessus, la confiance, en soi ou envers les autres, est anéantie. Et c’est toute la société qui se trouve en déliquescence. Ce qui nous retient en fait à tenir debout dans cette situation près de l’explosion, ce sont notre fatalisme, notre stoïcisme et notre résilience : la trilogie de notre perdition.

Vonjy M.

 

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