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Reflet de la semaine – A l’échelle continentale : Madagascar, nouvel antre du judo africain

Reflet de la semaine – A l’échelle continentale  : Madagascar, nouvel antre du judo africain

Coupe de projecteur sur la Fédération malgache de judo au sein de l’Union africaine. Dorénavant, un Malgache siège à la tête de cette instance pour le nouveau mandat olympique en la personne de Siteny Randrianasoloniaiko, président de la Fédération malgache de judo (FMJ), en tant que Chairman du comité exécutif de l’Union africaine de judo.

Siteny dans la cour des grands

Double aubaine. Non seulement, Madagascar a obtenu le poste de président exécutif (Chairman) de l’UAJ grâce à Siteny Randrianasoloniaiko, mais cerise sur le gâteau, le bureau exécutif du judo africain sera également installé dans la Grande île cette année.

Outre les lourdes responsabilités à assumer par Siteny Randrianasoloniaiko, son nouveau statut au sein de l’Union africaine de judo (UAJ) est aussi plus que bénéfique pour Madagascar. En effet, cela comporte beaucoup d’avantages. «L’installation du siège de l’UAJ à Madagascar est source d’emplois pour les Malgaches représentant les 90% des postes à pourvoir», a fait savoir le nouveau Chairman. Mieux vaut tard que jamais car force est de constater que le nombre des ressortissants mauriciens employés au sein de l’UAJ est nettement supérieur que les Malgaches. Mais les férus de la discipline croient que tout cela va changer à partir de maintenant.

Et en tant que nouvel antre du judo africain, Madagascar est en quelque sorte le centre de commande du judo africain. Pour dire que les Malgaches sont les premiers à être informés de toutes les décisions prises en vue de promouvoir le judo africain. «La gestion des compétitions africaines, la communication de l’UAJ, l’organisation des événements et plusieurs autres points seront décidés à Madagascar», a-t-il poursuivi.

Nommé par ses pairs à cette fonction, Siteny Randrianasoloniaiko a néanmoins partagé le pouvoir de décision au niveau du judo africain avec le Malien Habib Sissoko, nommé en même temps que lui au poste de président, en lieu et place de l’Ivoirien Lassana Palenfo, à la place du président d’honneur.

«Bien qu’il y ait une similitude sur le sens du mot président et chairman, je tiens à préciser qu’on a tous les deux des attributions bien distinctes. Le président s’occupera davantage du volet politique de l’UAJ tandis que moi, je me consacre plutôt à la réalisation des programmes établis», a expliqué le Chairman.

Gestion de temps en question

Sa fougue d’un homme qui en veut, est un atout pour le nouveau président exécutif du judo africain. Une autre attribution et mission à accomplir, malgré ses autres fonctions actuelles, à savoir, le président de la fédération de judo, président du Comité olympique malgache et également député de Madagascar sans oublier sa casquette en tant que 1er questeur de l’Assemblée nationale.

Interrogé sur sa capacité à jongler dans la gestion de ses postes à responsabilité, il a tout simplement souligné que si on l’a sollicité pour occuper les différents portefeuilles de plusieurs entités, c’est qu’il y a un sens à cela. Sans être vantard, Siteny Randrianasoloniaiko a juste souligné que seul une personne reconnue peut être appelée à occuper un grand poste de responsabilité en matière de sport.

Toutefois, il a fait savoir que le poste de ministre ne l’intéresse pas dans la mesure où cela ne le permettra pas de s’investir d’une manière concrète dans le développement du sport, en particulier le judo qui lui est cher. Pour Siteny, le poste ministériel est à caractère politique. «Je ne fais pas de la politique», dixit-il.

Engagement de l’Etat, le seul garant d’un meilleur résultat

Bien que le judo reste la seule discipline à avoir qualifié directement un athlète aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro, le président de la fédération se montre insatisfait. En cause, le manque d’engagement de l’Etat vis-à-vis du sport en général. «Si dans quelques années, les conditions restent les mêmes et que l’Etat continue à minimiser le développement du sport, il sera impossible d’obtenir de bons résultats. Certes, le Comité olympique a des responsabilités à assumer, mais normalement les 90% du soutien reviennent à l’Etat», selon le président du Comité olympique malgache (Com), Siteny Randrianasoloniaiko.

Pour le judo en particulier, malgré le manque de réussite sur le plan international, la situation de Madagascar est moins catastrophique par rapport aux autres pays. «En France, le budget alloué au judo par l’Etat se chiffre à plus de 130 millions d’euros, mais au final, ils ne ramènent qu’une médaille dans un tournoi», a-t-il déclaré. Comme quoi, le bilan de la Grande île n’est pas aussi catastrophique qu’il ne paraît sur le plan mondial. Fetra Ratsimiziva bien que privé de JO a néanmoins brillé dans les tournois auxquels il a participé en Europe. Quant à Asaramanitra Ratiarison, grâce à sa troisième place, gagnée quatre ans de suite au sommet continental, elle façonne l’image du judo malgache au niveau international. Sa participation aux JO n’est que la suite logique de sa belle performance.

Dans l’attente d’un réel espoir

Jusqu’à maintenant, le président de la FMJ attend et espère que l’Etat joint l’acte à la parole en matière de sport. Et force est de constater une ferveur du chef de l’Etat relative à la promotion de la jeunesse et du sport. Mais à propos du judo, la discipline continue d’attendre son heure. Les fédérations en général et le judo en particulier espèrent une amélioration au niveau du soutien aux disciplines existantes. Et même si le maintien du ministre actuel au sein du nouveau gouvernement reste un énigme, Siteny Randrianasoloniaiko n’a pas caché son soutien envers le locataire actuel de la place Goulette.

Entre promotion et détection

Les compétitions nationales restent le meilleur moyen de détecter les futurs champions. Annuellement, la fédération propose trois rendez-vous majeurs, en l’occurrence le championnat de Madagascar, la coupe de Madagascar et le tournoi de Capricorne. Au fil des ans, le nombre des participants augmente pour dire que l’engouement pour la discipline se précise. De 80 judokas inscrits il y a quelques années, le nombre avoisine actuellement les 600 à participer à chaque tournoi.

Mais la quantité ne suffit pas, il faut surtout de la qualité. D’ailleurs, les judokas malgaches qui brillent sur la scène mondiale, sont rares. C’est pourquoi, outre les tournois, les stages et les bourses sont aussi un tremplin pour gravir les échelons. C’est le cas de Brenda Andriantiana qui se perfectionne au centre international à Budapest, la capitale hongroise, après sa participation au dernier sommet continental. A constater également que pour mieux représenter le pays au niveau mondial, la fédération n’hésite pas à faire appel aux judokas expatriés.

En effet, plusieurs jeunes judokas malgaches vivant en France par exemple, restent toujours coopératifs quant à l’appel de la fédération de défendre l’honneur du pays. Mais encore faut-il qu’ils fassent leurs preuves dans l’une des trois compétitions majeures locales. En effet, pour pouvoir représenter la Grande île au niveau international, un judoka devra obtenir un titre au niveau national, reconnu par la fédération malgache.

Page réalisée par Naisa

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