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IVè République : un 3è PM et probablement pas le dernier

IVè République  : un 3è PM et probablement pas le dernier

Le régime HVM a son 3è Premier ministre en trois années d’exercice du pouvoir. Par calcul de probabilités, les observateurs concluent sur la possibilité de nomination de deux autres chefs du gouvernement avant l’expiration du mandat de l’équipe de l’actuel président de la République, à raison d’un Premier ministre par an. D’ailleurs, les candidats au poste se bousculent toujours au portillon.

Accouchement au forceps

Après Roger Kolo (11 avril 2014-12 janvier 2015), puis Jean Ravelonarivo (14 janvier 2015-10 avril 2016), jamais deux sans trois. Olivier Mahafaly Solonandrasana est maintenant le nouveau locataire de Mahazoarivo. Le fait est là et on n’a qu’à l’accepter, se résignent bon nombre d’acteurs politiques après la nomination de ce dernier.

Cette décision du chef de l’Etat fait polémique tant sur la personne du premier concerné que sur la procédure de sa nomination. Mais les voix s’élèvent encore en sourdine. La longue attente de la décision d’un remaniement gouvernemental et les rumeurs persistantes qui l’ont précédée sont des paramètres importants, favorisant les possibilités d’analyse des férus d’investigations. Iavoloha a finalement accouché d’un Premier ministre quoique cela se soit fait au forceps…Le 3è PM est nommé, mais beaucoup pensent qu’il y aura un 4è, voir même un 5è chef du gouvernement à Mahazoarivo avant 2018. Il n’est pas ici question d’hypothèse, mais de conjoncture.

Article 54, une latitude constitutionnelle

Résultat : le rejet prématuré du chef de la Primature par le monde politique malgache. Outre les crieurs de service de certains partis politiques, le président fondateur du parti Kintana, Tabera Randriamanantsoa est parmi les premiers à lancer des piques à l’endroit du nouveau PM. Le jeu a été faussé dès le départ, d’après ce ténor du Comité de réconciliation nationale (CRN) qui dénonce l’illégalité de la démarche de l’Assemblée nationale, laquelle enfreint la Constitution en présentant une liste de premiers-ministrables au président de la République.

L’organe législatif a sciemment violé l’article 54 de la Feuille de route en procédant ainsi, a-t-il précisé, puisque ce droit revient à la majorité parlementaire. Il a toujours rappelé qu’en cas de vacance du poste de chef du gouvernement, le Chef de l’Etat doit convoquer la Chambre basse en session extraordinaire pour ce faire, mais rien n’a été fait puisque des députés n’étaient même pas au courant de cette rencontre d’Iavoloha. Tabera Randriamanantsoa a aussi mis l’accent sur le manque de sérieux des députés, présentant une liste de plus d’une dizaine de favoris à Iavoloha. «Le président de la République aurait pu sortir seulement le nom du postulant qu’il leur a soufflé avant l’entrevue ou tirer le nom du nouveau PM à la courte paille de cette façon», a-t-il ironisé.

La majorité des partis de l’opposition interprètent ce choix en interférence avec les exploits de l’ancien ministre de l’Intérieur lors des élections successives. Ce dernier est taxé d’inclination envers le parti au pouvoir qui lui renvoie actuellement l’ascenseur en reconnaissance du service rendu. Le président de la République l’a donc mis en position de force, vu ses «compétences électorales», en prévision des résultats de la présidentielle de 2018, selon certains analystes qui n’arrivent pas à s’expliquer le silence de la Communauté internationale face à la série d’illégalités dans la nomination de l’actuel Premier ministre.

Les anciens combattants

Les échanges de discours lors de la cérémonie de passation de pouvoir entre les premiers ministres entrant et sortant, mercredi dernier à Mahazoarivo en disent long sur le nouveau schéma de gouvernance à venir puisque le Premier ministre, Olivier Solonandrasana Mahafaly a annoncé un «gouvernement de combat» pour contrebalancer le bilan de Jean Ravelonarivo, positivé par son concepteur.

Le philosophe et administrateur civil de formation aura fort à faire pour dépasser les exploits du général de l’Armée de l’air, vu la multiplicité des fronts auxquels il doit faire face avec son gouvernement en «mode sans échec». Tout est une question de lutte dans le pays. Lutte contre le blanchiment d’argent, lutte contre la corruption, lutte contre le népotisme, lutte contre l’impunité, lutte contre les abus en tout genre, lutte contre la pauvreté, lutte contre le chômage, lutte contre l’insécurité, lutte contre l’analphabétisme, lutte contre tous les blocages minant le pays… Et vu la bousculade des candidats aux postes ministériels au palais d’Ambohitsorohitra, autant dire que postuler un statut de ministre relève aussi d’une lutte acharnée. Des noms et des CV, que des embarras du choix qui au final n’ont servi que de couverture pour un nouveau gouvernement sans surprise qui d’après les analyses serait composé en grande partie des anciens combattants.

La fin justifiant les moyens, la population fait fi des polémiques de haut vol autour de la nomination mais attend du concret dans les meilleurs délais. Garant de la réalisation du programme énoncé par le chef de l’Etat devant le peuple, le Premier ministre n’aura droit à aucune erreur pour éviter le couperet pour lui et son mentor évidemment…

Manou

 

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