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Reflet de la semaine – Taux d’accès a l’eau potable : la Grande île en queue de peloton

Reflet de la semaine – Taux d’accès a l’eau potable  : la Grande île en queue de peloton

L’or bleu demeure inaccessible à plus de 11 millions de personnes dans la Grande île, soit presque la moitié de la population. Les défis sont encore énormes en dépit des progrès déjà enregistrés. WaterAid International lance un appel aux acteurs à tous les niveaux à conjuguer leurs efforts pour pouvoir honorer l’engagement du pays conformément aux Objectifs du développement durable (ODD).

48% de la population sont privés d’eau potable en ce début d’un nouveau périple de 15 ans, qui consiste à assurer un accès universel à l’eau potable d’ici 2030. Avec une telle statistique, la Grande île est classée en queue de peloton dans ce domaine à l’échelle mondiale. Madagascar figure ainsi parmi les dix pays ayant un taux d’accès à l’eau le plus bas. IL est placé à la sixième place sur les dix derniers et derrière le Mozambique, le Tchad, l’Angola, la Guinée Equatoriale et la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Respectivement pour le deux derniers pays, 52% et 60% de la population boivent de l’eau insalubre.

Ce nouveau constant, dressé par Wateraid International dans le cadre de l’étude intitulée, « Water : at what cost », ou littéralement « L’eau : à quel prix », relate l’envergure des actions à entreprendre pour atteindre le nouveau défi des ODD. Le rapport de cette étude a été présenté officiellement mardi dernier à Johannesburg en marge de la célébration de la Journée mondiale de l’Eau. Cette cérémonie figurait dans l’agenda des séances de renforcement des capacités des gens de médias issus d’Afrique australe, qui se sont déroulées du 21 au 24 mars dernier à l’hôtel Birchwood.

50 litres d’eau contre la moitié du salaire journalier

Toujours d’après ce rapport, 50 litres d’eau coûtent plus de la moitié du salaire quotidien de bon nombre de ménages dans certains villages de la Grande île. Même dans les villes, l’accès à l’eau auprès des bornes-fontaines communautaires n’est plus tout à fait gratuit, car il faut quand même débourser 2,5 ariary par litre, dans le souci d’assurer l’entretien des infrastructures et par ricochet de les pérenniser. Bref, la plupart de sgens n’ont d’autre choix que de recueillir l’eau des rivières, parfois distantes de plusieurs kilomètres de leurs foyers, pour assouvir leur besoin quotidien en eau. Une alternative qui n’est pas sans risque sur la santé, surtout celle des enfants. Le fait que 3.000 enfants par an meurent de la diarrhée, selon ce rapport, montre à quel point la situation est critique.

« Face à ce constat assez sombre, la Grande île, comme les neuf autres pays très vulnérables en matière d’accès à l’eau potable, devrait redoubler d’effort pour pouvoir honorer ses engagements d’ici 2030. Le compte a rebours à déjà commencé il y a un an, il ne nous reste plus que 14 ans pour parcourir ce chemin qui paraît encore assez long », a indiqué le directeur de WaterAid au niveau de la région Afrique Australe, Robert Kampala.

Kampala L’atteinte de la vision « Partout et pour tous »

De nombreux pays, dont Madagascar, devraient redoubler d’effort pour atteindre la vision « Partout et pour tous» d’ici 2030. Pour pouvoir l’atteindre, les pays d’Afrique australe font actuellement face à beaucoup de challenges. Le directeur de WaterAid région afrique Australe, Robert Kampala, a accepté de partager son avis face aux défis qui nous attendent dans cette interview.

(+) Les Nouvelles : Selon vous, est-il possible pour les pays d’Afrique australe d’atteindre la vision «Partout et pour tous», sur l’accès universel à l’eau potable et aux services d’assainissements de base d’ici 2030 ?

(*) Robert Kampala : Effectivement, l’atteinte de cette vision n’est plus utopique, mais cela ne se fera pas par un tour de magie. Pour y arriver, la collaboration étroite de toutes les parties prenantes sur les activités de plaidoyer afin d’inciter la prise de responsabilité à tous les niveaux s’impose. La réalisation de cet énorme défi requiert également un changement de comportement et de méthode de travail de la part des acteurs, des autorités et des usagers.

(+) : Quels sont les difficultés qui nous empêchent d’avancer ?

(*) : Jusqu’à maintenant, le problème majeur demeure d’ordre financière. Dans de nombreux pays de l’Afrique australe, dont Madagascar, le budget alloué au secteur Eau, assainissement et hygiène (EAH) demeure faible part rapport à celui des autres secteurs. En outre, l’intégration du secteur EAH dans d’autres secteurs, tels l’éducation, la santé… est encore peu développée. La question liée à la redevabilité par rapport aux investissements alloués par les bailleurs de fonds demeure toujours un problème à résoudre. Avec cette réalité, la pérennisation des infrastructures est toujours remise en question. Bref, on note souvent une faiblesse des capacités à tous les niveaux.

(+) : Avez-vous un message particulier à passer aux autorités compétentes en vue de renverser cette tendance ?

(*) : En cette célébration de la Journée mondiale de l’Eau, j’incite les gouvernements des pays d’Afrique du Sud de tenir leurs engagements relatif à l’EAH tels qu’ils sont définis dans les ODD, car on est dans une situation d’urgence comme le reflète le nouveau rapport «L’Eau : A quel prix ». Chaque pays devait intégrer dans leur Plan national de développement (PND) le volet EAH, afin d’atteindre la vision «Partout et pour tous ». Dans les cinq ans à venir, WaterAid international focalise ses actions en faveur de cette cause, mais il ne prétend pas à lui seul d’atteindre les objectifs fixés, raison pour laquelle l’implication de tous les acteurs est plus que jamais nécessaire.

Plaidoyer dans le domaine EAH Engagement des médias

Le quatrième pouvoir est sollicité à renforcer les activités de plaidoyer dans le domaine de l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement. Une vingtaine de gens de médias, issus des pays d’Afrique australe, réunis dans la plateforme « Southern africa Wash media network » (SawamNet) ont répondu présent aux séances de renforcement des capacités organisées à l’initiative de Wateraid région Afrique australe du lundi jusqu’à mercredi dernier à Johannesburg.

«L’année 2016 est une année intéressante pour nous tous, y compris les médias. C’ est l’année où nous accueillons la mise en œuvre des objectifs de développement durable des Nations unies (ODD). En tant que vecteurs de changement, à travers nos reportages et publications, nous faisons partie des acteurs de ce challenge, principalement avec l’appui de WaterAid, qui a favorisé la mise en place de ce réseau », a souligné le président SawamNet, Ralph Mweninguwe, réélu pour un nouveau mandat à l’occasion de cette formation à Johannesburg.

Lors du lancement du rapport, «L’eau: à quel prix», le directeur de WaterAid région Afrique australe, Robert Kampala, a incité les journalistes à faire des autorités et des décideurs élus responsables, en effectuant un suivi et évaluation de la mise en œuvre de leur engagement dans le domaine de l’EAH. «Vous avez un grand rôle à jouer pour veiller à ce que les décideurs et les politiciens soient responsables devant le peuple», dit-il.

En guise de réponse à cette sollicitation de Robert Kampala, le président SawamNet, Ralph Mweninguwe de souligner que, «J’espère que le réseau sera tellement dynamique cette année. Je demande à tous les membres et non membres à s’engager dans la mise en œuvre de ce nouveau défi, « Partout et pour tous », qui permettra à tout un chacun non seulement d’avoir accès à l’eau potable, mais surtout d’être en bonne santé, de sorte qu’à la fin de l’année, nous devrions être fiers de ce que nous avons fait. Au nom de tous les membres de SawamNet, notre source a tenu à remercier WaterAid pour le soutien que l’organisation a donné au réseau. Notons qu’une journaliste malgache figure parmi les nouveaux membres du bureau de cette plateforme, en tant que vice-présidente.

Fahranarison

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