Flash
Préc Suiv

Fin de « parti »

Fin de « parti »

Usé par le temps et les événements, le vieux parti continue à se disloquer. Seule l’histoire retiendra que ’l’Avant-garde pour la rénovation de Madagascar (Arema) en son temps régnait en maître. La politisation de la vie de la nation au sens propre comme au figuré prenait tout son sens. L’Arema était partout et avait bien marqué sa notoriété au niveau national. La révolution socialiste était en marche. La majorité des élus et des dirigeants appartenaient tous au parti Arema. Et la radicalisation ne se limitait pas simplement à en haut lieu (Gouvernement, Assemblée nationale, mairies, départements…), le parti s’est même investi dans le milieu éducatif en mettant en place les « Akanin-jaza ».

Même à l’université, le « Marema » composé d’étudiants et d’universitaires a été créé pour lutter contre l’illettrisme. Le parti et la nouvelle génération avaient également signé un beau tandem avec la section Jeunes Arema, implantée dans les arrondissements et quartiers. Dans le milieu social, tant d’histoires ont été retenues de la fameuse coopérative connue sous l’appellation « Koparema ». Et cela ne s’arrêtait pas là car dans le milieu du travail et du mouvement syndical, le « Serema » était une structure de taille. Pour la petite histoire, le « Varema » (Vakodrazana Arema) est un groupement d’artistes, chanteurs et danseurs.

Le temps de gloire est révolu. Le parti avait eu l’occasion d’imposer à nouveau sa mainmise et de réécrire le cours de l’histoire, après le retour au pouvoir de Didier Ratsiraka en 1996. Sauf qu’au fur et à mesure des contextes, l’Arema a de nouveau perdu le Nord en tombant de son piédestal à partir de 2002. A l’heure actuelle, il est plus que jamais divisé. En 2006, Pierre Raharijaona a formé l’«Arema Matotra», puis une année plus tard, le secrétaire général, Pierrot Rajaonarivelo a quitté le parti. La guéguerre interne a atteint son paroxysme et divisé carrément non seulement les partisans, les dirigeants, mais également le parti lui-même. En 2010, le Mouvement pour la démocratie à Madagascar (MDM) de Pierrot Rajaonarivelo voit le jour.

L’envie du père fondateur, Didier Ratsiraka, de redorer le blason du parti a été vaine. Dans quelques jours, l’Arema fêtera ses 40 ans d’existence. Mais en attendant, l’Arrma, un nouveau parti composé d’anciens membres de l’Arema comme Benjamin Vaovao et Norbert Razanakoto vient d’avoir son acte de naissance.

J.R.

Les commentaires sont fermées.