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Guerre « civile » !

Guerre « civile » !

A l’image du Sefafi et du KMF/Cnoe, la société civile en général est l’entité qui incarne en quelque sorte aux yeux de la population le rôle de l’opposition… alors qu’elle n’en est pas une. Quand les médias relatent des infos sur la société civile, forcément l’une de ses organisations membres est au centre de l’actualité. A titre d’exemples, le Sefafi qui a dénoncé l’inertie de l’opposition, et récemment, le KMF/Cnoe qui a fait part de ses doutes sur la crédibilité des régionales.

En tant qu’observateurs et faiseurs d’opinion à la fois, leur intervention se fait toujours sur fond de critiques relatives à la vie de la nation, que ce soit politique, économique ou, bien évidemment sociale. Du coup, les blâmes des partis ni partisans ni opposants au régime ne font pas le poids contrairement à leur analyse critique. Les élections, les trafics de ressources naturelles, la corruption, le manque de bonne gouvernance et de transparence, ainsi que la pauvreté et l’insécurité, des sujets sensibles pour les politiques dirigeants qu’à défaut d’opposition digne de ce nom, le Sefafi et le KMF/Cnoe n’hésitent pas à saisir éventuellement pour dénoncer les responsabilités de l’Etat.

Mais le Sefafi et le KMF/Cnoe ne sont qu’une infime partie de la société civile à Madagascar. Au total, elles sont 329 organisations à jouir de ce statut. Autant que le nombre des partis politiques recensés sur le registre du ministère de l’Intérieur. Et «Franchement, on n’en revient pas. Depuis ce temps, il y a 329 entités et seulement deux d’entre elles ont été sur le devant de la scène. Imaginons un peu les feux des critiques visant le régime si au moins, une centaine d’entre elles se mettent à critiquer l’Etat comme le Sefafi et le KMF/Cnoe l’ont fait», se laisse emporter un homme dans un taxi-be. «Et leur acte de présence et leurs agissements sont en train de ternir l’image et la réputation même du Sefafi et du KMF/Cnoe», réplique une femme.

La place offerte à la société civile au sein du Haut conseil pour la défense de la démocratie et de l’Etat de droit (HCDDED) est maintenant source de remue-ménage de la honte pour cette entité. La majorité opportuniste n’arrive pas à s’entendre sur plusieurs points. La tension a atteint son paroxysme quand un membre du comité ad hoc censé organiser le scrutin a démissionné en catimini pour se présenter candidat. Et comble de l’indécence qui a carrément provoqué un véritable tollé au sein de la société civile, sa candidature a été retenue. Les organisations de la société civile (Osc) ont porté l’affaire devant le Conseil d’Etat. La décision de ce dernier de suspendre le comité ad hoc de ses fonctions et par ricochet de reporter le vote est attendue. Paraît-il également que la majorité des Osc s’insurgent du fait que 60 d’entre elles seront autorisées à participer au scrutin le moment venu.

J.R.

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