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Paradoxalement, une réforme !

Paradoxalement, une réforme !

Le problème de l’éducation à Madagascar, et pas seulement de ce domaine, est qu’on n’a jamais su ce que l’on voulait vraiment faire. Les gouvernements qui se sont succédé ont chacun eu leur propre programme et projet. L’objectif reste certes le même, développer l’éducation, mais il reste vague et imprécis. Le chemin pour y parvenir n’a jamais été bien défini alors que la stratégie manque d’homogénéité. Les actions, elles, sentent le paradoxe.

L’on a instauré la malgachisation à l’époque de la deuxième République. C’était un beau projet qui aurait pu favoriser en même temps la culture, ne serait-ce qu’à travers la langue. Mais la précipitation, animée par l’enthousiasme débordant, faisait de ce choix un échec cuisant que la génération de l’époque regrettera toute sa vie. L’on avait également voulu prolonger jusqu’à sept ans la durée du cycle primaire à l’époque de Ravalomanana, mais l’objectif n’a jamais été atteint alors que le vent de changement a renversé le régime.

Actuellement, l’on parle d’une réforme de l’éducation. Sa mise en œuvre a débuté à travers le recrutement de milliers d’enseignants Fram dans le corps des fonctionnaires. Mais il est évident qu’on ne peut mettre la charrue devant les bœufs. Concrètement, cela ne sert à rien de recruter autant d’enseignants alors que les conditions fondamentales d’une bonne éducation ne sont pas remplies. Nombreux élèves malgaches étudient dans des conditions quasi inhumaines, car les salles de classe ne sont pas suffisantes : des troncs d’arbres en guise de bancs, l’école n’a ni porte, ni fenêtre, ni tableau noir…

L’on incite d’un autre côté les élèves à rejoindre les bancs d’école. Mais paradoxalement, on leur interdit de concrétiser leur rêve de décrocher plus tôt que le cycle normal leur diplôme en les empêchant de postuler en tant que candidat libre aux examens officiels. Le certificat d’études primaires élémentaires (CEPE) n’a plus de grande valeur marchande aujourd’hui, mais c’est le premier sinon l’unique diplôme dont la plupart des citoyens malgaches moyens, majoritairement agriculteurs, disposent. Parce que l’on quitte prématurément l’école pour diverses raisons.

En vérité, il n’y a pas de miracle pour réussir dans une entreprise éducative, ou dans d’autres secteurs d’activités. Le succès passe par la bonne organisation et le travail productif. L’échec, lui, va de pair avec le désordre, l’incohérence et le manque de perspicacité. Et ce sont ces situations-là qui garantissent l’avenir, quels que soient le domaine et le projet. Ainsi, il importe d’abord de savoir ce qu’on veut obtenir.

Vonjy M.

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